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Justine Farley : Indépendant
Au contraire, l’histoire et l’évolution des soins palliatifs devraient nous convaincre qu’ils sont essentiels!
Les pionniers nous ont transmis les messages fondateurs à l’origine des soins palliatifs modernes, soit la notion de douleur totale, la notion que les personnes vivantes jusqu’au bout présentent des besoins qui leurs sont propres, enseignement toujours d’actualité.
Des compétences en communication, l’approche interdisciplinaire et l’approche individualisée des personnes arrivée au terme de leur vie sont les éléments essentiels de soins palliatifs de qualité.
Les années 70 ont vu naître des connaissances précise reliées à la fin de vie dans tous les domaines intéressés : la médecine, les sciences infirmières, la pharmacie, la psychologie, le travail social, l’accompagnement spirituels et autres. Des normes de pratique ont été établies. L’enseignement universitaire s’est développé dans certaines facultés et des centres de recherches et des chaires universitaires ont été créés.
L’intégration dans le système de santé a évolué au fil du temps. D’abord réservé aux personnes atteintes de cancer en phase terminale, elle a évolué vers l’approche palliative intégrée, approche précoce afin de répondre aux besoins de toutes personnes atteintes d’une maladie grave avec pronostic limité, que ce soit un adulte ou un enfant. L’attention aux besoins des proches pendant la maladie et pendant la période de deuil concernent également les soins palliatifs.
Apparus en Angleterre au tournant des années 1960, grâce à l’initiative de Cicely Saunders, les soins palliatifs ont modifié la pratique médicale en fin de vie. Comment accompagner humainement et dignement les patients au moment même où le soin curatif s’essoufle ? Telle était la question au cœur de la démarche de Mme Saunders. De débuts modestes au sein du St. Christopher’s Hospice en banlieue de Londres, l’approche palliative s’est répandue un peu partout dans le monde au point de s’ériger en culture. À ce titre, le rayonnement de l’accompagnement palliatif s’est ancré en se forgeant une identité propre. Cela a permis l’essor d’une expertise singulière alliant des compétences variées et tablant sur la multidisciplinarité.
À l’origine, le mouvement se voulait très innovant. Il s’agissait de réagir à l’apathie d’un système médical résolument technocentrique. Au fil du temps, l’accompagnement palliatif a atteint une maturité avérée. Il se présente fort d’une expertise sans précédent dans le monde médical. Il exerce une influence positive sur la manière d’envisager nos liens humains et concitoyens au cœur de nos communautés politiques contemporaines.
Or les changements législatifs, opérés dans moult sociétés occidentales, dont le Québec et le Canada, chamboulent la pratique du soin palliatif. En effet, la dépénalisation de l’euthanasie ou du suicide assisté sous forme d’octroi à différentes formes d’aides actives à mourir menace tant l’intégrité que la préservation de ce type de soins. Cette situation pose un problème quant à la transmission de la culture palliative originelle. Comment assurer sa pérennité ? Comment s’adapter aux nouveaux cadres juridiques sans perdre son identité ? Quelles seront les prospectives à considérer pour discerner les conditions d’un avenir épanouissant pour cette médecine digne et humaine ?
Telles sont les interrogations phares dont notre colloque permettra de débattre.
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