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Membre a labase
Myriam Michaud : Université TÉLUQ
La coopérative fait parfois figure de « solution de la dernière chance » pour reprendre une entreprise capitaliste menacée de fermeture. Une reprise collective est cependant un pari risqué, non réductible à un simple transfert de propriété. Les membres nouvellement propriétaires devront développer des capacités entrepreneuriales et démocratiques, à rebours d’un éthos salarial souvent profondément ancré.
C’est à une telle reconversion que sont conviés les membres de la CN2i. Face à la faillite du Groupe Capitale Médias en 2019, employé·es, gouvernement, syndicats et financeurs se sont mobilisés pour sauver les six journaux régionaux de la fermeture.
Cas unique, la CN2i est une coopérative de solidarité syndiquée regroupant six coopératives locales. Surtout, ses travailleur·ses disposent d’une triple voie de représentation : par la gouvernance coopérative, par un dispositif de gestion participative enchâssé dans la convention collective, et par la représentation syndicale.
Nous présenterons dans cette communication les résultats préliminaires d’une recherche-intervention menée en partenariat avec CN2i. Nous présenterons les innovations organisationnelles mises en œuvre pour démocratiser l’organisation et discuterons des tensions vécues par les membres et des solutions envisagées. Cette étude met en lumière l'importance des synergies entre les sphères de la gouvernance, de la gestion et du dialogue social pour résoudre ces tensions.
L’expression économie sociale est utilisée fréquemment depuis les années 1990 au Québec. Or, les associations, les mutuelles, les coopératives ont toujours coloré le paysage économique et social du Québec. Le ministère de l’Économie et de l’Innovation (2020) dénombrait 11 200 entreprises d’économie sociale (EES) en 2020. L’Institut de la statistique du Québec (2019) définit ces entreprises comme des organisations qui sont issues de la mobilisation et de la volonté entrepreneuriale de personnes qui se sont regroupées pour produire ou vendre des biens et services tout en répondant à des besoins sociaux et collectifs comme la création d’emplois, le maintien des services de proximité, l’intégration socioprofessionnelle ou la préservation de la vie culturelle locale. Les activités marchandes des EES ne sont pas une fin en soi, mais plutôt un tremplin dans le cheminement de la réalisation de leur mission sociale.
Pendant plusieurs années, les EES au Québec étaient concentrées dans certains secteurs comme le secteur agricole et bancaire. Or, l’économie sociale gagne en popularité et les différents types d’entreprises se multiplient entraînant de nouvelles réalités et modèles organisationnels (Bull, 2018). Le secteur des EES n’est pas statique, mais plutôt dynamique et en constante évolution, donc l’accompagnement offert à ces entreprises doit s’adapter également. Bien que de plus en plus présentes dans les différentes économies mondiales, ces organisations demeurent encore relativement nouvelles, les questions de légitimité étant donc primordiales. D’ailleurs, Wang et Zhou (2021) montrent l’importance de leur légitimité dès leur création pour maximiser leur performance. Ceci montre l’importance de bien connaître leurs besoins pour favoriser une saine gestion et un accompagnement optimal auprès de leurs membres. Ce colloque s’intéresse au contexte dans lequel évoluent les EES afin de cerner leurs besoins d’accompagnement en rapprochant les milieux universitaires et pratiques.
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