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Benjamin Branget : Université de Montréal
Les bienfaits de la pratique d’une activité physique régulière et modérée sur la santé sont abondamment démontrés depuis plusieurs décennies. Il en est de même des nombreux facteurs qui en influencent l’expression. À ce sujet, promouvoir la santé d’individus, de groupes et de collectivités implique de façonner des environnements propices à l’adoption et au maintien de choix sains dont celui d’un mode de vie physiquement actif. Malgré les connaissances actuelles en la matière, des écarts significatifs sont observés en ce qui concerne la distribution des infrastructures récréatives et sportives publiques au sein de nombreux territoires et leur accessibilité. Réduire ces iniquités d’accès, de pratique et de santé implique dès lors de mieux comprendre les dynamiques de pouvoir, les arbitrages décisionnels et les obstacles qui en sont à l’origine. Cette communication présentera les résultats préliminaires d’une thèse qui s’intéresse aux dynamiques de pouvoir qui s’exercent au sein de plusieurs partenariats inter-organisationnels établis entre des instances publiques et civiles montréalaises. De surcroît, la manière dont ces parties prenantes se positionnent, interagissent et s’agencent afin de planifier et gérer plusieurs infrastructures récréatives et sportives publiques ainsi que les obstacles et solutions recueillis permettront d’enrichir la compréhension de certaines initiatives existantes en promotion de la santé et du bien-être.
Il est établi que la santé des populations relève de facteurs multiples et interreliés nommés déterminants de la santé. Promouvoir la santé exige donc d’agir au-delà des frontières du secteur de la santé et d’adopter une approche intersectorielle. Cette approche prône la collaboration entre tous les secteurs d’activité pour influencer l’ensemble des déterminants de la santé. Reconnu comme une stratégie incontournable à la promotion et à la prévention en santé, le développement de partenariats intersectoriels vise à concerter l’action des secteurs d’activité (p. ex. : secteur politique, organisationnel (privé), communautaire, universitaire) vers l’atteinte d’un objectif commun. Or, des dynamiques de pouvoir teintent l’établissement, le maintien, la promotion et le succès de ces partenariats (Bourque, 2008; Gray et Purdy, 2018). Par exemple, des difficultés d’arrimage limitent le fonctionnement et les retombées des partenariats, puisque leurs acteurs présentent des caractéristiques parfois contrastées (p. ex. : nature des entités, secteurs d’intervention, niveaux stratégiques, capacités, ressources, degrés d’influence) (Bourque, 2008). Les asymétries de pouvoir seraient inévitables dans les partenariats intersectoriels, mais pas insurmontables (Bourque, 2008; Dewulf et Elbers, 2018). En fait, la gestion des dynamiques de pouvoir vers son partage équitable et transparent peut favoriser la synergie partenariale (Bourque, 2008; Gray et Purdy, 2018). Considérant que la gestion des dynamiques de pouvoir est peu abordée dans la littérature scientifique, il est urgent de s’y intéresser afin de structurer des interventions porteuses en santé (Dewulf et Elbers, 2018; Walker, 2020). Pour maximiser le développement d’une synergie partenariale en santé, il est donc nécessaire de situer ces dynamiques de pouvoir dans les partenariats intersectoriels en promotion de la santé et du bien-être puis de réfléchir collectivement aux moyens d’améliorer les pratiques de recherche et d’intervention.
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