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Apolline Torregrosa : Université de Genève
Cette communication s’intéresse à l’enseignement du design comme porteur d’enjeux sociaux et de durabilité par une éducation citoyenne. Le design initialement à visée professionnelle, effectue un tournant pour s’engager dans des enjeux sociaux et de santé (Vial, 2015). De quelle manière prennent forme ces questionnements dans l’enseignement du design et comment s’intègrent-il dans la formation vers une conscience anthropocène ?
Dans le cadre d’une étude sur ces enseignements au secondaire par une recherche-action (Catroux, 2002), nous analyserons l’impact de ces questions dans la formation des jeunes à partir d’une séquence sur le vivre ensemble et la coopération vers la soutenabilité.
Le point de départ est une réflexion sur les interactions entre personnes, avec des objectifs de prospection et de conception dans une perspective socio-anthropologique. A partir d’ateliers de danse et de théâtre, visant une expérience immersive par le corps (Andrieu, 2003) pour mieux saisir l’être ensemble, les élèves ont été mobilisés dans une réflexion sur le corps et l’altérité, vers un regard critique sur les cadres de références de la société. L’impact de ces pratiques souligne que l’être collectif n’est pas une évidence pour les jeunes et demande à être questionné en lien avec leur environnement et leur rôle pour la transformation sociale. L’enseignement du design s’affirme alors vers une démarche créative et de conception, pour appréhender un présent social et soutenable (Suma, 2022).
La recherche montre que les arts et la littérature permettent de réaliser une analyse critique de phénomènes ou d’enjeux de nature écosociale (écoféminisme, antiracisme, justice environnementale), tout en esquissant des pistes de solution empreintes de la créativité caractéristique du domaine artistique.
Cette 5e édition est l’occasion de créer un espace pour la diffusion des résultats de recherche visant ce questionnement et d’ouvrir les débats dans un contexte plus large, en invitant à partager leur expertise des chercheur·ses de domaines connexes à l’éducation : sciences sociales, ethnographie, anthropologie, études autochtones et/ou travail social. Nous nous appuyons sur la notion d’éducation citoyenne pour un avenir viable (Gilbert et Boutet, 2022) pour explorer les questions suivantes :
1) Que propose la recherche touchant les arts et la littérature comme approche actualisée d’émancipation sociétale? 2) Quels sont les angles morts dans la pratique des intervenant·e·s du milieu culturel dans l’accompagnement des jeunes en vue d’une éducation « transformatoire » (Dovidio, Glick et Rudman, 2005)? 3) Comment évolue « la conscience anthropocène » des jeunes à l’ère de la toute-puissance technologique (Pruneau et al., 2016), alors qu’ils se trouvent progressivement déconnectés des milieux naturels au profit d’une connexion plus forte aux univers numériques? 4) De quelle manière s’expriment les zones de tension entre « l’être » et « l’avoir », soit la gestion de nos rapports individuels et collectifs à l’environnement et l’impact de la qualité de ce lien sur la viabilité de notre avenir, notamment sur le plan « éco-nomique » (Sauvé, 2009)? 5) Quels sont les cadres de référence (idéologiques, culturels, étatiques, politiques, communautaires) qui influencent l’action éducative et, en conséquence, influencent les « affaires humaines » (Cochet, 2018) : la solidarité, l’identité, l’altérité, l’équité, les échanges, les valeurs...
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