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Repenser la catégorisation conceptualisante pour les ateliers participatifs : La catégorisation rhizomatique comme jaillissement de sens en situation

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Claire Noy : Université Paul-Valéry-Montpellier

Résumé de la communication

Notre contribution propose de revisiter la méthode de théorisation ancrée (P.Paillé, Mucchielli, 2016) afin de l’adapter aux groupes restreints. Dans ce cadre, nous menons des ateliers participatifs visant à donner ensemble, du sens individuel et collectif aux contenus partagés. Notre positionnement de chercheur a, ainsi migré, pour prendre une métaphore, de cueilleur (de verbatims et données) à semeur (d’idées, de projet…). Ainsi, notre perspective s’ancre dans la possibilité de donner aux acteurs, les outils nécessaires pour comprendre, catégoriser et mettre en lien, afin de définir avec eux, une mise en sens de leur vécu individuel et collectif et de pouvoir se projeter dans une définition renouvelée de la situation Dans ce cadre, nous proposons d’approprier la théorisation ancrée, ou du moins les premières étapes pour en faire un outil d’accompagnement des ateliers participatifs de groupes restreints. En commençant par la « mise en mots » du vécu de la situation et des actions, nous accompagnerons les acteurs par une mise en catégories de leurs formulations, que nous appellerons, en résonance aux catégories conceptualisante, catégories rhizomatiques. (au sens de Deleuze et Guattari, 1980). Dès lors, à travers des études de cas, nous illustrerons des catégorisations rhizomatiques et leurs mises en lien par mode empirique construites par les acteurs, et nous montrerons comment leur investissement dans le processus recherche s’avère indubitablement producteur de sens.

Résumé du colloque

Animés par l’ambition de mieux comprendre les problèmes de leur époque et de restituer à la société une meilleure connaissance d’elle-même (Karsenti, 2013), celles et ceux que l’on considère aujourd’hui comme les pionnier·ère·s des sciences sociales ont imaginé, à la fin du 19e siècle, diverses stratégies pour baliser l’activité de recherche scientifique, faire prendre de la distance aux chercheur·e·s avec le « sens commun » (Pires, 1997), les idéologies ou un esprit clanique (Bertrand, 1986; Popper, 2018). À quels défis spécifiques la recherche qualitative (RQ) s’est-elle confrontée, quelles voies des chercheur·se·s ont-ils imaginées, hier et jusqu’à aujourd’hui ? Que devons-nous garder en héritage ? Quelles sont les dimensions inédites de nos contextes impliquant des transformations dans notre manière de nous engager dans le monde lorsque nous (y) cherchons ? Ce colloque de l’Association pour la recherche qualitative (ARQ), qui marquera la 36e présence de notre organisme au congrès de l’Acfas, a été pensé pour réfléchir collectivement, au passé, au présent et aux futurs désirables de la RQ dans la francophonie.

Certaines conventions promues au sein de la RQ de privilégier le caractère itératif de la recherche (Deslauriers et Kerisit, 1997) ou de « séjourner dans l’événement et dans l’incertitude » (Kaminski, 2022, p. 278) sont-elles aujourd’hui menacées autrement que par le passé et avec des spécificités propres dans la francophonie ? Comment est-ce que les chercheur·se·s poursuivent en dépit de l’adversité un engagement éthique en RQ ?

Alors que certaines énigmes ou problèmes de recherche seront mieux résolus en mobilisant des méthodologies qualitatives ou mixtes (Becker, 2016; Laperrière, 1997 en référence à la théorisation ancrée de Strauss et Corbin), ici ou ailleurs, la RQ a souvent été suspectée d’un manque de rigueur ou de scientificité. Pourtant depuis les origines de la RQ jusqu’à aujourd’hui, une abondante littérature a fait progresser la réflexion sur les critères qui font une recherche de qualité. Cette littérature demeure peu connue, est parfois mal intégrée ou insuffisamment mobilisée alors qu’elle soutient l’inspiration et la créativité méthodologique. Par ailleurs, la place des méthodologies qualitatives dans certaines disciplines ou champs d’étude est encore précaire, alors que leur mobilisation démontre déjà des potentiels pour soutenir, par exemple, des professionnel·le·s, des groupes ou des communautés.

Dans un contexte universitaire dominé par la langue anglaise, l’ARQ, officiellement constituée en 1986, a été, avec sa revue Recherches qualitatives créée en 1989, un acteur important de la transmission de formes plurielles de perspectives, d’approches et de méthodologies qualitatives dans la francophonie. À la veille de son 40e anniversaire, ce colloque a d’abord pour but de raviver la mémoire des multiples sentiers qui ont pu mettre au jour des savoirs inattendus et des concepts transformateurs.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
Discutant-e- de la session : Marlène Larochelle Maryame Ichiba
section icon Date : 17 mai 2024

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