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Michèle Diotte : Université d'Ottawa
Prenant appui sur des résultats d’une recherche menée auprès d'intervenantes psychosociales oeuvrant avec des personnes considérées en situation de handicap cognitif, la présentation propose d’entrevoir différemment la prévention de la violence sexuelle pour ce groupe de la population. Alors que le discours dominant sur la gestion des risques tend à opposer la protection des personnes, à la reconnaissance des droits sexuels, l’auteure propose de repenser la prévention à travers une perspective politico-relationnelle, qui questionne notamment les notions de vulnérabilité et de citoyenneté. À travers l’Approche des relations d’autonomie (Diotte, 2021) et le concept de dignité du risque (Perske, 1972), l’auteure offre des pistes pour intégrer ce que le discours sur la gestion du risque antagonise. La présentation s’interroge donc sur les possibilités d’accès à la citoyenneté sexuelle pour les personnes en situation de handicap cognitif, sans pour autant perdre de vue la plus grande prévalence de violence sexuelle vécue par ces dernières.
Longtemps passée sous silence, la problématique des violences à caractère sexuel (VACS) suscite une préoccupation et un intérêt publics et scientifiques croissants depuis quelques années. En fait, « même si l’agression sexuelle est toujours l’un des crimes les moins souvent signalés aux services policiers, soit dans moins de 5 % des cas (Perreault, 2014), les campagnes récentes dans les médias sociaux (p. ex., #AgressionNonDénoncée, #MoiAussi, #etmaintenant) semblent avoir eu un impact positif à ce niveau » (Morin et al., 2021, p. 223). Tout comme Kelly (1988), nous définissons les VACS comme un phénomène social s’inscrivant dans un continuum qui englobe une diversité d’actes à caractère sexuel sans se limiter uniquement à ses formes criminelles. La notion de consentement est en effet la pierre angulaire dans la compréhension des VACS.
Ce colloque s’inscrit dans les objectifs de la Chaire de recherche du Canada, Violence sexuelle, prévention et intervention, qui vise : 1) la compréhension des VACS en tenant compte de réalités particulières dans une perspective féministe intersectionnelle; 2) la prévention et l’intervention en coconstruisant avec les intervenant·e·s des milieux de pratique, des expert·e·s de vécu et les chercheur·se·s des outils de prévention et d’intervention centrés sur les expériences et les besoins des protagonistes; et enfin 3) la transformation du système et la défense des droits dans l’optique d’assurer un meilleur accès à la justice pour les victimes de VACS.
Ces deux journées de colloque seront consacrées à la présentation des recherches portant sur les VACS en couvrant un ensemble de réalités particulières, dont la recherche, le partage de campagnes et de formations des milieux pratiques ainsi qu’une table ronde remue-méninges à la fin de la journée. Cette dernière servira à dresser la liste des pistes de solutions en vue de développer un avis s’adressant aux instances décisionnelles et politiques ainsi que de nourrir les luttes pour l’élimination des VACS.
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