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Claire Beaumont : Université Laval
Les recherches des dernières décennies mettent en lumière le rôle des émotions sur notre façon de réfléchir et de gérer nos relations interpersonnelles. Ainsi, il apparait aujourd’hui clair que l’école doit contribuer au développement d’un registre plus étendu de compétences émotionnelles et sociales (CSÉ) permettant aux enfants de mieux s’adapter à la complexité du monde actuel (Goleman et Senge, 2014). Si l’on reconnaît ces compétences comme étant transversales et intrinsèquement liées à la réussite éducative, elles font peu l’objet d’un enseignement explicite à l’école. Pourtant, comme pour les autres matières scolaires, ces compétences s’enseignent (Rimm-Kauffman et Hamre, 2010). Mais pour les enseigner et les réinvestir dans les activités scolaires quotidiennes, les adultes doivent d’abord les avoir développées pour eux-mêmes (Schonert-Reichl et al., 2017). Toutefois, le personnel enseignant semble peu préparé en formation initiale à enseigner des CSÉ à leurs élèves, ni même à les développer pour eux-mêmes (Beaumont et Garcia, 2020). Cette communication présente les fondements et quelques retombées d’une formation-accompagnement donnée en contexte universitaire visant à habiliter le personnel enseignant du primaire à enseigner et à soutenir les CSÉ de leurs élèves, tout en les incarnant au quotidien. Ce modèle de formation a été élaboré à partir d’un cadre théorique original fondé sur des savoirs scientifiques et expérientiels sur la question.
L’importance des aspects affectifs dans la qualité de l’expérience scolaire n’est plus à démontrer, comme en témoigne l’intérêt marqué pour les émotions dans la recherche en éducation. Actuellement, plusieurs chercheurs tentent de comprendre d’où viennent ces émotions, comment elles sont vécues par les élèves et les enseignant·es et comment elles influencent la réussite éducative (Camacho-Morles et al., 2021). Par exemple, l’interprétation que l’élève fait de son environnement scolaire influence les émotions vécues, et celles-ci, à leur tour, influencent cette interprétation (Putwain et al., 2018). Les émotions sont aussi vécues différemment selon l’élève ou l’enseignant·e, l’expérience de ces émotions étant forgée par les compétences émotionnelles, le vécu et les caractéristiques individuelles (Pekrun et al., 2023). En outre, de multiples construits convoqués pour étudier la réussite éducative, comme l’engagement (Friedricks et al., 2004) ou la motivation (Eccles et Wigfield, 2020), ont une composante affective qui souligne le rôle des émotions. L’influence des émotions vécues par les élèves ou par les enseignant·es sur les indicateurs de réussite éducative tels le bienêtre ou le rendement a d’ailleurs été étudiée dans divers contextes (Camacho-Morles et al., 2021; Tam et al., 2019). La popularité croissante de l’étude des émotions à l’école et la complexité des relations entre émotions et contextes éducatifs soutiennent la pertinence d’établir un état de la situation, tant du point de vue de l’éducation que de celui d’autres disciplines qui abordent les émotions en contexte scolaire. Ce colloque s’intéresse donc aux questions suivantes : Quel est le rôle des émotions et des compétences émotionnelles des élèves et des enseignant·es dans la réussite éducative? Comment différents indicateurs de réussite éducative et contextes éducatifs influencent-ils les émotions vécues? Quelle est la place réelle ou souhaitée des émotions dans la définition de la réussite éducative?
Ce colloque est organisé par le Centre d’étude sur l’apprentissage et la performance (CEAP-UQAM).
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