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Surreprésentation carcérale des personnes diagnostiquées TDAH: les effets reliés au diagnostic

GB

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Guillaume Beaulieu : Université de Montréal

Résumé de la communication

Le TDAH est un des diagnostics de santé mentale les plus fréquents chez les jeunes du Québec. Ce diagnostic est fréquemment représenté par le champ médical comme l’expression d’une différence neurobiologique limitant la capacité d’attention autonome. Selon cette vision, les symptômes sont donc permanents, amenant des travaux sur la surreprésentation carcérale des personnes diagnostiquées TDAH à expliquer leurs arrestations et incarcérations par un symptôme, le manque de contrôle de soi. Toutefois, les symptômes du TDAH s’estompent fréquemment à l’adolescence: seul un tiers des personnes diagnostiquées conserve des symptômes significatifs à l’âge adulte. De plus, une forte proportion des personnes diagnostiquées utilisent des médicaments pour réduire ces symptômes. Il semble donc peu plausible que la surreprésentation carcérale s’explique uniquement par les aspects neurobiologiques. L’objectif de cette proposition est de présenter la littérature touchant trois éléments sociaux qui pourraient expliquer des parties de la surreprésentation carcérale des personnes diagnostiquées TDAH. Premièrement, le diagnostic est en partie lié à la maltraitance parentale, suggérant que les arrestations ultérieures peuvent être liées aux conséquences de ces situations difficiles. Deuxièmement, le diagnostic facilite l’inclusion dans des filières scolaires limitantes. Finalement, la gestion de la violence dans le milieu scolaire risque d’affecter négativement les personnes diagnostiquées.

Résumé du colloque

La mobilisation de diagnostics médicaux visant la compréhension et la présentation de soi ou d’autrui est omniprésente dans de nombreux cadres d’interaction. Ayant différentes fonctions sociales, les diagnostics permettraient de justifier, de comprendre et d’anticiper certaines difficultés ou comportements hors normes qui pourraient survenir dans ces interactions.

De leur côté, les institutions répondant aux politiques d’équité, diversité et inclusion (EDI) tentent par divers moyens de favoriser l’intégration des individus marginalisés ou diagnostiqués. Que ce soit pour justifier un accommodement scolaire, l’accès à un service de soin particulier ou pour réfléchir sur la flexibilité d’un emploi, les institutions occidentales accueillent les individus marginalisés dans la mesure où ces derniers fournissent une preuve médicale de leur « condition » légitimant un « traitement particulier ». Cette formalisation des accommodements transforme inévitablement les interactions quotidiennes, mais comment ? De quelle inclusion parle-t-on ? Une inclusion à quoi et une reconnaissance de quoi ? Quels espaces sont réellement disponibles et offerts à ces personnes, et selon quels critères, besoins et normes ?

Plus spécifiquement, la réflexion portera sur l’incidence de la mobilisation des diagnostics de santé mentale et physique sur les relations interpersonnelles et les interactions institutionnelles; sur les conditions institutionnelles des usages sociaux des catégories diagnostiques ainsi que sur ce qu’on entend et pratique selon des termes tels que « inclusion » et « intégration socioprofessionnelle ».

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 17 mai 2024

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