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Amélie Bertrand : Université Laval
Cette proposition s’intéresse à la notion de plaisir dans les discours sur l’alimentation contemporaine et sur le potentiel qu’il offre pour développer des stratégies d’intervention plus efficaces en saine alimentation. Les notions de santé et de plaisir se côtoient fréquemment dans les discours sur l’alimentation. Les médias sont un vecteur particulièrement important de développement et de transmission de ces discours. Le magazine culinaire Ricardo, qui se donne comme mission de promouvoir la commensalité et le plaisir de manger, est la marque de magazine la plus connue au Québec. Dans ce contexte, la présentation se penchera sur les différents usages du plaisir dans la revue Ricardo, de même que sur la manière dont elle contribue à la transmission des normes sociales. Les normes sociales sont l’un des mécanismes clés qui régulent les habitudes alimentaires. Ainsi, vu l’importance culturelle de Ricardo comme figure médiatique, les 139 numéros de magazine qu’il a publiés depuis 20 ans représentent un corpus riche pour rendre compte de l’évolution des normes sociales au cœur des modèles alimentaires québécois, ainsi que des usages du plaisir dans la promotion d’une variété de normes. L’étude permettra également d’appuyer le développement d’approches innovantes pour favoriser une alimentation saine. En la matière, le discours diététique a encore beaucoup à apprendre du discours gastronomique.
Dans le contexte de l’évolution constante des défis de santé à l’échelle mondiale, il est essentiel de réviser nos approches en matière d’accompagnement et d’intervention éducative en santé (Nutbeam et Lloyd, 2021). Bien que des progrès aient été réalisés dans la compréhension des maladies et des facteurs de risque, les taux élevés de maladies infectieuses et chroniques restent préoccupants. Les modes de vie moderne et les systèmes sociaux et politiques contribuent à l’augmentation de ces maladies et à des taux de mortalité prématurée évitables (Feigin et al., 2022; Vaduganathan et al., 2022). Cette situation présente un défi majeur, en particulier pour le personnel soignant (Blaizot et al., 2023; Feigin et al., 2022). La révision des pratiques des systèmes de santé est impérative face à la montée des maladies chroniques non transmissibles. Ces systèmes doivent évoluer d’une orientation curative vers la prévention clinique et l’inclusion de l’éducation pour la santé simultanément avec la création et le renforcement d’environnements favorables à la santé (Blaizot et al., 2023; Nutbeam et Lloyd, 2021). Cette stratégie globale vise à promouvoir et à faciliter l’adoption de styles de vie sains pour prévenir l’apparition de maladies. Pour les citoyens, les personnes et les patients, l’objectif est non seulement de ne plus se concentrer uniquement sur la guérison d’une maladie aiguë, mais également sur la prévention, la gestion et l’adaptation à des maladies chroniques dans un environnement qui favorise les choix santé et le bien-être global (Blaizot et al., 2023; Nutbeam et Lloyd, 2021). Les stratégies d’intervention éducatives traditionnelles en santé peuvent ne pas suffire à atteindre des publics de plus en plus diversifiés, et même renforcer et créer des inégalités de santé (Crear-Perry et al., 2021; Kim, 2019). De plus, l’avènement des technologies numériques et des médias sociaux a considérablement modifié la manière dont les informations de santé sont diffusées et reçues par les citoyens (Chen et Wang, 2021; Farsi, 2021; Ohara, 2023). Cette problématique incite à se pencher sur des questions cruciales liées à la communication en santé, à la prise de décision partagée, à l’adaptation et à la sensibilité des interventions éducatives pour répondre aux besoins culturels, socioéconomiques et générationnels variés des populations (Bonilla, 2022; Ndengeyingoma et al., 2023) et sur des enjeux éthiques contemporains (Morley et al., 2020; Ntoumanis et al., 2021; Varkey, 2021).
Titre du colloque :