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Delphine Collin : CHU de Toulouse
La psychopathologie maternelle peut représenter un enjeu clinique important concernant la santé mentale du bébé et le devenir des familles. Des interactions précoces à l'attachement, la littérature scientifique met au centre du développement de l'enfant les modalités relationnelles qu'il entretient avec son environnement, et notamment avec ses parents. La psychopathologie maternelle recouvre un large spectre, de la dépression du post partum aux différents troubles psychiatriques. Il apparaît ainsi indispensable de penser une intervention conjointe ajustée et graduée au coeur de l'interaction mère/bébé, en contexte, afin de soutenir, contenir et médier les relations précoces. De par son caractère inclusif, la thérapie conjointe en périnatalité soutient et accompagne le droit à une justice reproductive tout en préservant le droit des enfants à grandir dans un environnement sécure et adapté à leurs besoins tout en favorisant l'autonomisation et l'émancipation des familles dans un cadre ajusté et contenant.
Un dialogue entre expériences et savoirs pour la justice est nécessaire. La justice reproductive repose sur des principes fondamentaux : le droit d’avoir ou non des enfants ainsi que le droit de les élever dans des environnements sûrs et sains. La justice reproductive requiert l’autonomie sexuelle et la liberté de genre pour chaque individu (Ross et Solinger, 2017). Les droits reproductifs se déclinent en trois catégories : les droits à l’autodétermination en matière de reproduction, les droits aux services de santé sexuelle et en matière de reproduction, à l’information et à l’éducation, ainsi que les droits à l’égalité et à la non-discrimination (Erdman et Cook, 2008). Ces droits sont indissociables de l’accès à une santé reproductive holistique, définie comme un état de bien-être complet permettant aux individus de mener une vie sexuelle épanouie et sans danger, tout en ayant la liberté de décider s’ils souhaitent avoir des enfants et, le cas échéant, quand et à quelle fréquence (Organisation mondiale de la santé, 1994).
Cependant, l’histoire a démontré que ces droits fondamentaux ont été systématiquement bafoués pour certaines populations en contextes de vulnérabilité (menaces ou difficultés liées à divers facteurs biologiques, physiques, psychologiques, cognitifs, socioéconomiques, ethnoculturels, sexuels et de genre, comportementaux, environnementaux et d’accès aux soins) (Grabovschi et coll., 2013). Au Canada, par exemple, des pratiques de stérilisation forcée ont ciblé des personnes autochtones, migrantes, racisées, judiciarisées ou institutionnalisées (Stote, 2019). Ces inégalités historiques et structurelles demeurent présentes aujourd’hui, y compris au Québec, comme l’ont révélé nos premières recherches en santé reproductive. Il est donc impératif d’adopter une approche interdisciplinaire de justice reproductive, afin de garantir des droits équitables et une santé inclusive à l’ensemble de la population.
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