Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Coralie Labrecque : UQAC-Université du Québec à Chicoutimi
L'examen de la portée des approches professionnelles en santé reproductive auprès des personnes en contextes de vulnérabilité a révélé un manque de formation auprès des personnes professionnelles étudiantes en sciences de la santé et du social. La nécessité pour celles-ci d'adapter leurs approches avec les personnes en contextes de vulnérabilité en fonction des besoins en matière de santé reproductive et en étant centré sur la personne. Il est nécessaire pour ces personnes professionnelles d'adapter leurs interventions en fonction des besoins spécifiques en santé reproductive des personnes en contextes de vulnérabilité, tout en adoptant une approche centrée sur la personne. Afin de mieux outiller les personnes professionnelles étudiantes en sciences de la santé et du social, l'objectif est de présenter les approches pédagogiques utiles à leur formation prenant en considération la santé reproductive, essentielle au développement intergénérationnel et à l'autonomie des communautés. Ces résultats font l'objet d'un examen de la portée.
Un dialogue entre expériences et savoirs pour la justice est nécessaire. La justice reproductive repose sur des principes fondamentaux : le droit d’avoir ou non des enfants ainsi que le droit de les élever dans des environnements sûrs et sains. La justice reproductive requiert l’autonomie sexuelle et la liberté de genre pour chaque individu (Ross et Solinger, 2017). Les droits reproductifs se déclinent en trois catégories : les droits à l’autodétermination en matière de reproduction, les droits aux services de santé sexuelle et en matière de reproduction, à l’information et à l’éducation, ainsi que les droits à l’égalité et à la non-discrimination (Erdman et Cook, 2008). Ces droits sont indissociables de l’accès à une santé reproductive holistique, définie comme un état de bien-être complet permettant aux individus de mener une vie sexuelle épanouie et sans danger, tout en ayant la liberté de décider s’ils souhaitent avoir des enfants et, le cas échéant, quand et à quelle fréquence (Organisation mondiale de la santé, 1994).
Cependant, l’histoire a démontré que ces droits fondamentaux ont été systématiquement bafoués pour certaines populations en contextes de vulnérabilité (menaces ou difficultés liées à divers facteurs biologiques, physiques, psychologiques, cognitifs, socioéconomiques, ethnoculturels, sexuels et de genre, comportementaux, environnementaux et d’accès aux soins) (Grabovschi et coll., 2013). Au Canada, par exemple, des pratiques de stérilisation forcée ont ciblé des personnes autochtones, migrantes, racisées, judiciarisées ou institutionnalisées (Stote, 2019). Ces inégalités historiques et structurelles demeurent présentes aujourd’hui, y compris au Québec, comme l’ont révélé nos premières recherches en santé reproductive. Il est donc impératif d’adopter une approche interdisciplinaire de justice reproductive, afin de garantir des droits équitables et une santé inclusive à l’ensemble de la population.