Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Maude Vien : UQAC-Université du Québec à Chicoutimi
Comment rendre compte des sensibilités qui co-habitent sur un territoire donné ? Cette recherche en cartographie sensible active différente approche de concertation liant les arts numériques, la mobilisation citoyenne et l’autodétermination. Elle est réalisée en collaboration avec Maude Vien, étudiante à la maîtrise en art de l’UQAC sous la direction de Mathieu Valade, le mouvement du Grand Dialogue et le Laboratoire sur les gouvernances alternatives (LAGORA).
Depuis l’automne 2024, Maude Vien interroge les enjeux environnementaux par le biais de l’expérience construite dans le but de dresser un portrait des sensibilités au territoire du Saguenay Lac-Saint-Jean Nitassinan. Face à une « crise du sensible » (Zhong Mengual et Morizot, 2018), cette recherche examine nos perceptions et nos interactions avec notre environnement et la manière dont ce lien est construit, subjectif et en perpétuelle redéfinition.
La collecte d’artéfacts numériques, réalisée lors de rencontres individuelles, alimentera une oeuvre installative, ainsi qu’un répertoire de coordonnées géographiques personnelles nourrira un programme d’image générative. Les résultats seront présentés lors du Grand Rassemblement coorganisé par LAGORA et le Grand dialogue(automne 2026) où ils seront restitués à la population. Le projet illustre comment l’art numérique peut servir d’outil pour comprendre et renforcer notre connexion au territoire, tout en abordant les enjeux de la crise environnementale.
Le réchauffement climatique et ses conséquences aboutissent à l’extinction de nombreuses espèces vivantes, dont les végétaux. Ces catastrophes environnementales provoquent une écoanxiété dont la prévalence peut atteindre jusqu’à 70 % des jeunes Canadien·nes. Cette réponse d’origine émotionnelle est normale. Elle peut cependant provoquer des troubles psychologiques si elle se chronicise et s’accompagne d’un sentiment d’impuissance. À l’inverse, l’écoanxiété peut être utilisée pour changer nos comportements afin d’agir pour un avenir plus durable.
La Chaire de recherche en économie créative et mieux-être (CREAT) du Fonds de recherche du Québec a lancé un programme de recherche-création et action visant à codévelopper et à examiner les effets d’actions mettant en interaction végétaux-humains grâce à l’art et au numérique avec, pour finalité, la réduction de l’écoanxiété, l’acquisition de nouveaux savoirs apportant une écorésilience et une écoresponsabilité chez les jeunes adultes écoanxieux·ses.
Les défis et enjeux rencontrés sont multiples, car ils reposent sur une cible que sont les végétaux, qui ne sont pas un centre d’intérêt écologique, comparés aux animaux. Il s’agit d’une hypothèse audacieuse utilisant l’expérience esthétique (c’est-à-dire émotionnelle et basée sur la mise en valeur de la beauté des végétaux) puis cognitive (c’est-à-dire associée à un message éducatif) comme support des actions, et le numérique pour renforcer l’émotion positive ressentie grâce au caractère multimodal des stimulations sensorielles qu’il permet. Faire interagir les sciences fondamentales (biologie, neurosciences, génie, santé), les philosophies occidentales et asiatiques, les cultures allochtones et autochtones et les arts (écologique, visuel et musique) – au bénéfice de la relation végétaux-humains –, dans une démarche interdisciplinaire et intersectorielle, en codéveloppant des actions concrètes de terrain ayant des bénéfices individuels et collectifs représente les défis et enjeux rencontrés.
Titre du colloque :