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Co-analyse et articulation des savoirs scientifiques et expérientiels par l’art

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Jacqueline Schneider : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Cette communication présente une réflexion sur le rôle de la démarche artistique impliquée dans un processus d’analyse participative des données dans le maillage de différents types de savoirs ainsi que dans la représentation de ce maillage. La recherche mobilisant ce dispositif vise d’une part, à documenter les savoirs générés par des femmes immigrantes ayant vécu des expériences d’accouchement dans un cadre hospitalier à Montréal, et d’autre part, à recueillir leurs points de vue sur les soins reçus.
Dans un premier temps, nous décrirons la méthodologie d’analyse collective des entrevues individuelles semi-dirigées à réaliser avec les femmes. Celles-ci auront l’occasion de réaliser une analyser thématique (Paillé et Mucchielli, 2012) de ce matériel avec un membre de l’équipe de recherche lors d’une deuxième rencontre individuelle. Dans la même rencontre, les participantes seront invitées à réaliser des illustrations ou des collages pour représenter les sens émergés de cette co-analyse. Nous nous pencherons, dans un deuxième temps, sur les questions suivantes: comment s’articulent au fil de la démarche de co-analyse les théories scientifiques et les savoirs expérientiels que la recherche vise à documenter? Comment la procédure d’analyse collective du matériel empirique produit dans une rencontre formelle d’entrevue met-elle en œuvre cette articulation? Dans quelle mesure la procédure artistique contribue-t-elle à la produire et à la représenter?

Résumé du colloque

La recherche qualitative est née au début du siècle dernier d’une volonté de pallier les études statistiques insensibles aux réalités multiples et singulières des acteur·trices de terrain et à leur incapacité à expliquer leurs expériences enchevêtrées. Les premiers travaux en anthropologie et en sociologie ont pavé la voie en jetant les bases d’une façon de faire la recherche au plus près des terrains d’enquête (Morrissette et Demazière, 2019). Dans les années 1980, différentes influences ont conduit à un nouveau type de rapprochement, notamment l’appel de Lieberman (1986) invitant à changer la manière de considérer la relation aux participant·es recruté·es pour les recherches : working with, not working on… Dans cette foulée, l’épistémologie de Schön a soutenu de nouveaux rapports entre recherche et pratique avec la parution de son ouvrage Le praticien réflexif (1983), qui a exercé une influence dans différents champs disciplinaires. La « nouvelle épistémologie de la pratique » (Schön, 2011) proposée s’est inscrite en rupture avec le paradigme de la rationalité technique selon laquelle les réponses aux problèmes professionnels se trouvent dans les savoirs issus de la recherche. Avec d’autres propositions, dont le modèle d’« acteur compétent » proposé par Giddens (1987), plusieurs chercheur·ses ont revu leurs pratiques cloisonnées et les ont ouvertes à la collaboration, acceptant le partage du pouvoir entre les acteur·trices d’une communauté. Les recherches collaboratives accordent aux divers acteur·trices le statut de « coconstructeur·trices du savoir » dans les différentes phases emboîtées d’une investigation conjointe (Bednarz, 2013; Desgagné et al., 2001). Mais qu’en est-il de leur implication concrète dans le processus d’analyse de l’objet de préoccupation mutuelle?

Contexte

section icon Date : 5 mai 2025

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