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Co-analyse et expérience cumulative de la recherche collaborative pour le·la partenaire de terrain : du praticien réflexif au praticien-chercheur

ML

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Maud Lebreton Reinhard : Haute école pédagogique BEJUNE

Résumé de la communication

Toute co-analyse est conditionnée par l’intercompréhension entre le·la chercheur·e et le·la partenaire de terrain, laquelle repose sur des exigences minimales relevant de l’intelligibilité, la vérité, la sincérité, la justesse, la confiance, le partage des connaissances, des savoirs voire des opinions (Habermas, 1976). De cette intersubjectivité va dépendre, au moins temporairement, la création d’un langage commun singulier permettant au Soi et à l’Autre de regarder l’objet étudié. Si le maillage des savoirs théoriques et des savoirs d’action compose en apparence ce langage commun temporaire, la réussite de la co-analyse dans sa visée épistémique dépend de la capacité à contextualiser et décontextualiser les produits de l’analyse en regard de la pratique ordinaire.
Cette communication s’appuie sur deux recherches collaboratives consécutives menées avec la même partenaire de terrain. Pour la partenaire, l’expérience cumulative de la mise en enquête avec le·la chercheur·e l’inscrit dans un double processus d'acculturation scientifique et de transformation professionnelle qui questionne la visée épistémique du·de la chercheur·e devant garantir l’autonomie interne de la recherche menée (De Bruyne et al., 1974). Dans le passage d’une réflexion synchronique à une réflexion diachronique (de Saint-Martin, 2019), fruit de la co-analyse, la partenaire, praticienne réflexive, se mue en praticienne-chercheure (Kohn, 2001).

Résumé du colloque

La recherche qualitative est née au début du siècle dernier d’une volonté de pallier les études statistiques insensibles aux réalités multiples et singulières des acteur·trices de terrain et à leur incapacité à expliquer leurs expériences enchevêtrées. Les premiers travaux en anthropologie et en sociologie ont pavé la voie en jetant les bases d’une façon de faire la recherche au plus près des terrains d’enquête (Morrissette et Demazière, 2019). Dans les années 1980, différentes influences ont conduit à un nouveau type de rapprochement, notamment l’appel de Lieberman (1986) invitant à changer la manière de considérer la relation aux participant·es recruté·es pour les recherches : working with, not working on… Dans cette foulée, l’épistémologie de Schön a soutenu de nouveaux rapports entre recherche et pratique avec la parution de son ouvrage Le praticien réflexif (1983), qui a exercé une influence dans différents champs disciplinaires. La « nouvelle épistémologie de la pratique » (Schön, 2011) proposée s’est inscrite en rupture avec le paradigme de la rationalité technique selon laquelle les réponses aux problèmes professionnels se trouvent dans les savoirs issus de la recherche. Avec d’autres propositions, dont le modèle d’« acteur compétent » proposé par Giddens (1987), plusieurs chercheur·ses ont revu leurs pratiques cloisonnées et les ont ouvertes à la collaboration, acceptant le partage du pouvoir entre les acteur·trices d’une communauté. Les recherches collaboratives accordent aux divers acteur·trices le statut de « coconstructeur·trices du savoir » dans les différentes phases emboîtées d’une investigation conjointe (Bednarz, 2013; Desgagné et al., 2001). Mais qu’en est-il de leur implication concrète dans le processus d’analyse de l’objet de préoccupation mutuelle?

Contexte

section icon Date : 5 mai 2025

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