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Josianne Boily : UQAC-Université du Québec à Chicoutimi
Les grossesses en bas âge, survenant avant 20 ans selon l'OMS (2024), sont fréquentes chez les jeunes en contexte de protection de la jeunesse (Aparicio, Kachingwe, Salerno, Geddings-Hayes, & Boekeloo, 2021). La littérature démontre un taux élevé de maternité chez celles vivant en centre jeunesse ou ayant récemment quitté
ce milieu, notamment à l'approche de la transition vers l'âge adulte (Dumas, 2013; Dworsky & Courtney, 2010).
Un élément apporter pas les auteurs est le manque de connaissances sur l'utilisation des contraceptifs, contribuerait au taux élevé de grossesses dans cette population (Aparicio et al., 2021). L'approche canadienne en matière de santé reproductive vise à garantir que chaque femme puisse prendre des décisions éclairées concernant son corps, sa vie et son avenir (Gouvernement du Canada, 2022). Intégrer ces principes aux jeunes en contexte de DPJ pourrait atténuer les effets négatifs liés à leur vulnérabilité en leur fournissant une information claire et adaptée. Dans ce cadre, l'autonomie corporelle englobe le droit de décider librement en matière de contraception et de sexualité.
Un dialogue entre expériences et savoirs pour la justice est nécessaire. La justice reproductive repose sur des principes fondamentaux : le droit d’avoir ou non des enfants ainsi que le droit de les élever dans des environnements sûrs et sains. La justice reproductive requiert l’autonomie sexuelle et la liberté de genre pour chaque individu (Ross et Solinger, 2017). Les droits reproductifs se déclinent en trois catégories : les droits à l’autodétermination en matière de reproduction, les droits aux services de santé sexuelle et en matière de reproduction, à l’information et à l’éducation, ainsi que les droits à l’égalité et à la non-discrimination (Erdman et Cook, 2008). Ces droits sont indissociables de l’accès à une santé reproductive holistique, définie comme un état de bien-être complet permettant aux individus de mener une vie sexuelle épanouie et sans danger, tout en ayant la liberté de décider s’ils souhaitent avoir des enfants et, le cas échéant, quand et à quelle fréquence (Organisation mondiale de la santé, 1994).
Cependant, l’histoire a démontré que ces droits fondamentaux ont été systématiquement bafoués pour certaines populations en contextes de vulnérabilité (menaces ou difficultés liées à divers facteurs biologiques, physiques, psychologiques, cognitifs, socioéconomiques, ethnoculturels, sexuels et de genre, comportementaux, environnementaux et d’accès aux soins) (Grabovschi et coll., 2013). Au Canada, par exemple, des pratiques de stérilisation forcée ont ciblé des personnes autochtones, migrantes, racisées, judiciarisées ou institutionnalisées (Stote, 2019). Ces inégalités historiques et structurelles demeurent présentes aujourd’hui, y compris au Québec, comme l’ont révélé nos premières recherches en santé reproductive. Il est donc impératif d’adopter une approche interdisciplinaire de justice reproductive, afin de garantir des droits équitables et une santé inclusive à l’ensemble de la population.