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Annie Fontaine : Université Laval
La trajectoire résidentielle des jeunes en situation ou à risque d’itinérance est marquée par une imbrication complexe d’obstacles, d’écueils et formes souvent invisibles de précarité. Cette présentation partagera des résultats issus d'une recherche-action participative sur la Prévention de l'itinérance jeunesse (PIJ) menée en partenariat avec la Coalition Jeunes+ et qui visait à mieux comprendre les pratiques, les connaissances et les politiques en matière d'intervention précoce et de prévention. Les résultats recueillis à travers les activités menées par les jeunes, des groupes de discussion avec des praticiens, des méthodes d'engagement artistique et des entretiens avec les jeunes a fait émerger la conceptualisation d’une crise en « triple C »: crise de la connexion (manque d'appartenance, de connexion à soi et aux autres), crise de la citoyenneté (déni des droits humains et sociaux des jeunes) et crise climatique (quête de sens lié au sentiment du No-Future-Youth). Alors que ces considérations demeurent occultées dans les paradigmes de prévention actuels basés sur des rationalités et des technologies de santé publique, les résultats pointent l’importance de mieux prendre en compte les dimensions invisibilisées, subjectives et structurelles de l'absence de chez-soi qui façonnent les expériences individuelles d'injustice vécues par les jeunes afin de déployer des réponses mieux adaptées à leur parcours, à leur rapport à l’habiter et à la stabilité résidentielle.
Dans des contextes où de nombreuses personnes sont confrontées à des difficultés d’accès à un logement, comment se déroulent les trajectoires résidentielles des jeunes et leurs parcours de transition vers la vie adulte? Les jeunes sont de plus en plus exposé·es à la crise du logement, qui rend leurs trajectoires résidentielles diverses et incertaines, flexibles et réversibles. Quels actions, stratégies, relations, ressources et soutiens mobilisent-ils et elles? Que signifie pour eux et elles le logement indépendant? Qu’en est-il des pratiques d’hébergement? Des inégalités sociales se creusent alors que les jeunes n’ont pas accès aux mêmes relations, soutiens et ressources pour faire face à ces difficultés. Les trajectoires résidentielles permettent d’analyser les transformations des parcours juvéniles, car l’accès à un logement fait partie des transitions importantes dans les passages vers la vie adulte. Comment les relations d’interdépendances entre les sphères de vie se conjuguent-elles avec les trajectoires résidentielles et les passages vers la vie adulte? De quelles manières les marqueurs de la diversité, comme la région, le genre, l’origine ethnique, l’appartenance à une classe sociale, la situation économique, entrent-ils en interaction avec les trajectoires résidentielles et les parcours de transition vers la vie adulte? Ce sont à ces questions que ce colloque cherche à répondre en proposant trois axes de réflexion : 1) les trajectoires résidentielles (la recherche d’une résidence, l’accès au logement ou à l’hébergement, la stabilité et la précarité résidentielle); 2) les rapports au logement et à l’habitat (les expériences d’habiter [ou de non habiter], le sentiment et les pratiques du chez-soi et de l’autonomie, l’accès et le rapport à la propriété privée); 3) les soutiens et les contraintes au logement (les politiques publiques et les acteurs privés ou communautaires, les difficultés financières, l’isolement).
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