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Marie Horodecki Aymes : MHA Insights
Si l’écoblanchiment (greenwashing) est bien connu, un phénomène inverse émerge : l’écomutisme (greenhushing). Par peur d’être accusées d’hypocrisie, de wokisme ou de non-conformité, certaines entreprises minimisent ou taisent leurs actions environnementales, malgré l’exigence croissante de transparence face à la crise climatique.
Au-delà de cette crainte, le harcèlement numérique et médiatique joue un rôle clé. Certaines entreprises engagées subissent des attaques d’influenceurs climato-sceptiques les accusant de "dictature verte" ou de manipulation des consommateurs. Cette pression les pousse à l’autocensure, nourrissant une défiance accrue du public.
Cette communication analysera l’impact de l’écomutisme sur la perception de la durabilité, la confiance des consommateurs et l’écoanxiété. À travers des exemples du secteur manufacturier et agroalimentaire, nous verrons comment l’économie créative et le marketing durable peuvent transformer la communication environnementale. Enfin, nous proposerons des stratégies pour éviter à la fois le silence et l’écoblanchiment, en misant sur la transparence, l’engagement collectif et des récits adaptés.
Le réchauffement climatique et ses conséquences aboutissent à l’extinction de nombreuses espèces vivantes, dont les végétaux. Ces catastrophes environnementales provoquent une écoanxiété dont la prévalence peut atteindre jusqu’à 70 % des jeunes Canadien·nes. Cette réponse d’origine émotionnelle est normale. Elle peut cependant provoquer des troubles psychologiques si elle se chronicise et s’accompagne d’un sentiment d’impuissance. À l’inverse, l’écoanxiété peut être utilisée pour changer nos comportements afin d’agir pour un avenir plus durable.
La Chaire de recherche en économie créative et mieux-être (CREAT) du Fonds de recherche du Québec a lancé un programme de recherche-création et action visant à codévelopper et à examiner les effets d’actions mettant en interaction végétaux-humains grâce à l’art et au numérique avec, pour finalité, la réduction de l’écoanxiété, l’acquisition de nouveaux savoirs apportant une écorésilience et une écoresponsabilité chez les jeunes adultes écoanxieux·ses.
Les défis et enjeux rencontrés sont multiples, car ils reposent sur une cible que sont les végétaux, qui ne sont pas un centre d’intérêt écologique, comparés aux animaux. Il s’agit d’une hypothèse audacieuse utilisant l’expérience esthétique (c’est-à-dire émotionnelle et basée sur la mise en valeur de la beauté des végétaux) puis cognitive (c’est-à-dire associée à un message éducatif) comme support des actions, et le numérique pour renforcer l’émotion positive ressentie grâce au caractère multimodal des stimulations sensorielles qu’il permet. Faire interagir les sciences fondamentales (biologie, neurosciences, génie, santé), les philosophies occidentales et asiatiques, les cultures allochtones et autochtones et les arts (écologique, visuel et musique) – au bénéfice de la relation végétaux-humains –, dans une démarche interdisciplinaire et intersectorielle, en codéveloppant des actions concrètes de terrain ayant des bénéfices individuels et collectifs représente les défis et enjeux rencontrés.
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