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Sophie Barel : Université Rennes 2
Ce travail doctoral s'est penché sur la représentation du corps, en images et en textes, sur les médias sociaux numériques, dans le cadre de revendications féministes contemporaines en France.
Avec une étude longitudinale (d'environ 2013 avec des éléments de corpus datant de début 2025), c'est près de 5000 captures d'écran qui permettent de faire un état des lieux de ces pratiques en ligne, où nous avons pu voir émerger ce que nous appelons désormais « la quatrième vague féministe » et qui a été le terreau d'importants mouvements militants tel que #MeToo, en 2017.
Déplacements entre la sphère publique et intime, ambivalence du morcellement du corps (tantôt critère sexiste selon les grilles de lectures féministes, tantôt élément de réappropriation du corps militant cyberféministe), cartographie d'un corps militant comme un territoire à reconquérir à force de hashtags, cadre communicationnel récurrent proche d'une publicisation de la lutte, « esthétique de l'émancipation », « female gaze » et « feminist gaze », perte du secret et retournement du pouvoir...
Certaines de ces pratiques s'inscrivent dans l'Utopie Internet, mais que reste t-il finalement de cette utopie ? Comment les médias sociaux numériques ont permis une organisation, non prévue initialement, de contre discours et de contre représentations, où des internautes isolées se sont regroupées grâce aux fonctionnalités des plateformes pour faire groupe, pour faire corps et faire entendre leurs voix, comme une murmuration.
L’essor du numérique, et notamment des réseaux sociaux, a transformé les modes de communication et d’organisation tout en redéfinissant les répertoires d’action collective des mouvements sociaux. Parmi ceux-ci, les mouvements féministes n’ont pas manqué à l’appel de l’activisme numérique et de nombreuses initiatives locales et globales se sont propagées au cours des 15 dernières années à travers des blogs, des campagnes numériques et la création de mots-clics (hashtags). Le mouvement #MeToo, popularisé en 2017, en est une illustration emblématique. Il a démontré la capacité du numérique à amplifier les revendications féministes, permettant de toucher une audience internationale à une vitesse inédite. Les nouvelles technologies numériques représentent à la fois un outil permettant de reproduire les pratiques militantes hors ligne, tout en offrant des possibilités d’innovation et de transformation des stratégies militantes en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes. La numérisation du féminisme a également accéléré la transnationalisation des mouvements féministes, en accroissant leur diffusion et en renforçant les interconnexions entre différents acteur·trices à l’échelle globale. Alors que les formes de féminisme numérique sont bien documentées dans les pays des Nords, elles sont aussi de plus en plus présentes dans les Suds, soulevant la question de possibles lignes de fracture ou de convergence entre ces différents espaces féministes. Ce colloque propose ainsi d’explorer les enjeux, défis et opportunités liés à la numérisation des mouvements féministes dans un contexte globalisé, en mettant en lumière à la fois les similitudes et les pratiques transnationales, mais aussi les particularités et les divergences dans les pratiques numériques des mouvements féministes des Nords et des Suds.
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