pen icon Colloque
quote

Enjeux pédagogiques de l'énaction

AC

Membre a labase

Ana Castelo : Université Paris-Et Créteil Val-de-Marne

Résumé de la communication

Les savoirs de l’expérience des pratiques éducatives et artistiques ouvrent des pistes de réflexion pour la mise en œuvre d’une pédagogie énactive. L’analyse de ces savoirs, fondée sur une phénoménologie pratique (Depraz et al., 2011) et sur des modes d’écriture comme « praxis d’analyse » (Paillé et Mucchielli, 2003), pose des jalons pour une posture épistémologique énactive. Cette communication présente des enjeux épistémologiques, théoriques et méthodologiques pour les recherches en arts et en éducation. Comment les enseignants et enseignantes peuvent-ils et elles transformer leurs pratiques pédagogiques et proposer une pédagogie artistique énactive ? Dans quelle mesure la prise en compte de l’expérience, de la réflexivité et de l’intersubjectivité de l’enseignant·e ainsi que des apprenant·es favorise-elle ces (trans)formations ? Et de quelle manière les pratiques narratives en recherche permettent-elles d’analyser et d’énacter ces savoirs de l’expérience ? Pour cela, je présenterai des extraits des récits phénoménologiques d’un groupe d’étudiant·e·s de Master en Sciences de l’Éducation – créés et recueillis par les techniques de l’entretien d’explicitation (Vermersch, 1996) –, des extraits de l’enseignante (mes auto-explicitations), ainsi que de l’analyse finale en mode d’écriture (Paillé et Mucchielli, 2003), issus de ma recherche doctorale (Castelo, 2023).

Résumé du colloque

Alors que de nombreux événements reviennent sur l’héritage de Francisco J. Varela et célèbrent la vitalité de l’énaction dans une diversité de domaines de recherches scientifiques, le colloque veut ouvrir un espace de réflexion sur ses enjeux épistémologiques, théoriques, méthodologiques et pratiques pour les recherches en arts et/ou en éducation.

Depuis la formulation initiale de l’énaction par Varela (Thompson et Rosch dans l’ouvrage The Embodied Mind, 1993), s’est constitué un modèle de pensée selon lequel la cognition est incarnée. En prenant ses racines dans des philosophies et des courants scientifiques qui s’opposent au rationalisme, l’énaction met l’action plutôt que la raison au cœur de la cognition, non pas superficiellement, mais en la subordonnant à l’action. Selon ces penseurs de l’énaction, la cognition dépend de l’expérience, qui découle du fait d’avoir un corps doté de diverses capacités sensori-motrices; la perception et l’action sont inséparables de la cognition vécue (Varela et coll., 1993). Les conséquences de cette hypothèse sont nombreuses, notamment celles qui orientent les recherches. Dès lors que la connaissance émerge de l’interaction entre la subjectivité du chercheur et son objet de recherche, cette voie moyenne (Varela, 2017) remet en cause le caractère objectif et neutre du savoir scientifique en montrant l’importance de l’action du chercheur·se et sa subjectivité dans sa production (Dorlin, 2008; Santos, 2014). Puisque l’expérience et la connaissance sont indissociables et interreliées, quelles alternatives théoriques, méthodologiques et pratiques pour celui ou celle qui, en arts et en éducation, adopte une posture épistémologique énactive?

Les démarches de recherche en arts et en éducation qui se réfèrent à une épistémologie énactive réhabilitent la scientificité des savoirs d’expérience (Argyris et Schön, 2002; Senge et coll., 2000; Theureau, 2015; Masciotra, 2011), ce qui ouvre la voie à des perspectives méthodologiques alternatives. Ces savoirs d’expérience — savoirs du corps, savoirs situés, savoirs incarnés — qui émergent de la pratique (éducative ou artistique) sont subordonnés à la spécificité de leurs narrations (Breton, 2020). Ce qui fait écho chez les penseurs de la microphénoménologie (Vermersch, 2007; 2019; Depraz, 2014; Petitmengin et coll., 2015), qui ont mis au point une méthode fine et rigoureuse de description de l’expérience vécue — des pratiques narratives dont l’écriture intervient comme « praxis d’analyse » (Paillé et Mucchielli, 2003). De là, nous voyons apparaître des modes d’écriture créative et performative (Paquin, 2019) qui énactent les savoirs, tout en écrivant (Morais, 2024).

Axes de réflexion : 1) Les enjeux d’une épistémologie énactive dans les recherches en arts et en éducation; 2) Les méthodologies alternatives et méthodes qui découlent d’une épistémologie énactive; et 3) Les potentialités d’une épistémologie énactive dans l’enseignement des arts et par les arts.

Contexte

section icon Date : 5 mai 2025

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :