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Geneviève Metson : Western University
Face à un avenir incertain, les villes doivent investir dans des infrastructures écologiques multifonctionnelles. L’agriculture urbaine en est un exemple, mais ses effets varient dans l’espace et le temps. La gestion des nutriments, notamment l’azote et le phosphore, influence la production alimentaire, la biodiversité, la circularité des ressources et la qualité de l’eau. Cependant, la diversité des pratiques rend difficile l’analyse des flux de nutriments et l’élaboration de recommandations généralisées. Pourtant, ces espaces constituent des « points chauds » du cycle des nutriments en milieu urbain et nécessitent une attention particulière.
Pendant trois ans, nous avons étudié des jardins communautaires à Linköping (Suède), en interrogeant des jardiniers et en mesurant le lixiviat et les caractéristiques du sol. Transformer ces résultats en stratégies de gestion concrètes s’est révélé complexe. Pour y répondre autrement, nous avons collaboré avec une artiste-jardinière locale utilisant des matériaux recyclés et naturels. Ensemble, nous avons créé une exposition art-science, permettant d’explorer le « monde des nutriments » sous plusieurs angles, en intégrant l’incertitude et la complexité des données. Cette approche, qui fait de l’art-science un outil de cocréation plutôt qu’un simple moyen de communication, ouvre de nouvelles perspectives pour comprendre les systèmes socio-écologiques.
Le réchauffement climatique et ses conséquences aboutissent à l’extinction de nombreuses espèces vivantes, dont les végétaux. Ces catastrophes environnementales provoquent une écoanxiété dont la prévalence peut atteindre jusqu’à 70 % des jeunes Canadien·nes. Cette réponse d’origine émotionnelle est normale. Elle peut cependant provoquer des troubles psychologiques si elle se chronicise et s’accompagne d’un sentiment d’impuissance. À l’inverse, l’écoanxiété peut être utilisée pour changer nos comportements afin d’agir pour un avenir plus durable.
La Chaire de recherche en économie créative et mieux-être (CREAT) du Fonds de recherche du Québec a lancé un programme de recherche-création et action visant à codévelopper et à examiner les effets d’actions mettant en interaction végétaux-humains grâce à l’art et au numérique avec, pour finalité, la réduction de l’écoanxiété, l’acquisition de nouveaux savoirs apportant une écorésilience et une écoresponsabilité chez les jeunes adultes écoanxieux·ses.
Les défis et enjeux rencontrés sont multiples, car ils reposent sur une cible que sont les végétaux, qui ne sont pas un centre d’intérêt écologique, comparés aux animaux. Il s’agit d’une hypothèse audacieuse utilisant l’expérience esthétique (c’est-à-dire émotionnelle et basée sur la mise en valeur de la beauté des végétaux) puis cognitive (c’est-à-dire associée à un message éducatif) comme support des actions, et le numérique pour renforcer l’émotion positive ressentie grâce au caractère multimodal des stimulations sensorielles qu’il permet. Faire interagir les sciences fondamentales (biologie, neurosciences, génie, santé), les philosophies occidentales et asiatiques, les cultures allochtones et autochtones et les arts (écologique, visuel et musique) – au bénéfice de la relation végétaux-humains –, dans une démarche interdisciplinaire et intersectorielle, en codéveloppant des actions concrètes de terrain ayant des bénéfices individuels et collectifs représente les défis et enjeux rencontrés.
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