Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Océane Corbin : UQAM - Université du Québec à Montréal
La montée médias sociaux a permis le développement d’une multitude de sous-cultures en ligne, dont les incels (involuntary celibates). En plus de plusieurs tueries commises par des hommes qui se revendiquant de cette communauté, les incels ont attiré une attention particulière en raison de leurs discours misogynes ainsi que leur vocabulaire et imaginaire particulier. En analysant 60 fils de conversation (soit environ 1180 messages) sur un de leurs forums principal, l'objectif de la recherche réalisée était de comprendre les constructions de sens et spécificités langagières qui contribuent au caractère misogyne et violent de leurs discours ainsi que percevoir la façon dont les femmes sont représentées sur le forum. En se basant sur Johnson et Johnson (2021), qui posent que la culture du viol repose sur cinq composantes, les résultats obtenus ont été analysés et comparés à ces catégories. Il est ainsi possible d'affirmer que les incels s’avèrent être des acteurs particulièrement présents dans la (re)production de la culture du viol. Ils font appel à de multiples sortes de stratégies discursives afin de rasseoir leur autorité et domination auprès des femmes, comme les menaces, les arguments naturalistes ou encore les insultes. Les incels vont en effet faire preuve d’une utilisation stratégique de la culture du viol : puisqu’ils se positionnent comme victimes, et qu’ils considèrent les femmes comme inférieures, le viol est « justifié » dans leur idéologie.
Les violences faites aux filles et aux femmes (VFFF), notamment les violences à caractère sexuel (VACS), constituent un problème social et de santé publique majeur. Beaucoup d’efforts ont été faits pour les dénoncer et tenter de les éradiquer, donnant lieu à une panoplie d’initiatives de sensibilisation, d’intervention, de politiques publiques et d’instances comme les tribunaux spécialisés en matière de violences sexuelles et conjugales. En dépit d’avancées notables, les manifestations de VFFF, dont les VACS, subsistent. De même, si des avancées notables sont observées dans l’articulation entre la recherche, l’offre de services appuyée sur ses résultats et les formes de mobilisation de connaissances qui en découlent, notamment avec le développement de recherches appliquées de type recherche-action, recherche partenariale, recherche-création, il reste beaucoup à faire.
C’est ici qu’interviennent le Collectif de recherches et d’actions SAS-Femmes et la Chaire de recherche du Canada – Violence sexuelle, prévention, intervention (CRC-VSPI), qui accordent la priorité à la collaboration entre les univers de la recherche et de la pratique, en travaillant étroitement avec celles et ceux directement touchés par différentes formes de violence, en vue de développer des recherches et des actions contribuant à assurer la sécurité, l’autonomie et la santé des filles et des femmes. Nos recherches sont menées en partenariat avec les milieux d’intervention, permettant de décloisonner les savoirs et de générer des productions théoriques, empiriques et pratiques proches des réalités des personnes concernées.
Ce colloque s’inscrit dans la programmation respective de SAS-Femmes et de la CRC-VSPI. Il rassemblera des personnes chercheuses, étudiantes, intervenantes, militantes féministes et expertes de vécu en vue de faire circuler et dialoguer les connaissances issues des différents milieux, mettant ainsi en valeur tant la recherche que les pratiques informées par celles-ci.
Titre du colloque :
Thème du colloque :