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La Flore laurentienne au temps des catastrophes : Dialogues, cocréation et refuge

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Simon Harel : Université de Montréal

Résumé de la communication

Alors que les bouleversements climatiques obscurcissent l’avenir, l’anxiété se propage, rendant indispensable l’imagination de nouveaux mondes (Servigne et al., 2022). Cette communication propose une relecture de La Flore laurentienne du Frère Marie-Victorin pour repenser nos relations au monde végétal. En tant que recherche-création, cette oeuvre offre une manière de « sentir-penser » avec le végétal (Escobar, 2018) et réinvente notre cohabitation avec le territoire québécois. Ce processus qui relève du « faire avec » (Citton, 2021), remplace l’autopoïèse anthropocentrée par la sympoïèse (Haraway, 2017), valorisant les interactions et interdépendances qui nous relient aux plantes. Par son approche littéraire, La Flore laurentienne incite les scientifiques à dépasser une posture de domination pour établir un dialogue avec le végétal et entrer en résonance écologique avec lui. Cette relecture invite à adopter des éthico-onto-épistémologies non humaines, favorisant une co-création harmonieuse avec le monde végétal. Ces nouvelles métaphores ouvrent un espace habitable où il devient possible d’apprendre à vivre malgré les crises à venir (Tsing, 2017).

Résumé du colloque

Le réchauffement climatique et ses conséquences aboutissent à l’extinction de nombreuses espèces vivantes, dont les végétaux. Ces catastrophes environnementales provoquent une écoanxiété dont la prévalence peut atteindre jusqu’à 70 % des jeunes Canadien·nes. Cette réponse d’origine émotionnelle est normale. Elle peut cependant provoquer des troubles psychologiques si elle se chronicise et s’accompagne d’un sentiment d’impuissance. À l’inverse, l’écoanxiété peut être utilisée pour changer nos comportements afin d’agir pour un avenir plus durable.

La Chaire de recherche en économie créative et mieux-être (CREAT) du Fonds de recherche du Québec a lancé un programme de recherche-création et action visant à codévelopper et à examiner les effets d’actions mettant en interaction végétaux-humains grâce à l’art et au numérique avec, pour finalité, la réduction de l’écoanxiété, l’acquisition de nouveaux savoirs apportant une écorésilience et une écoresponsabilité chez les jeunes adultes écoanxieux·ses.

Les défis et enjeux rencontrés sont multiples, car ils reposent sur une cible que sont les végétaux, qui ne sont pas un centre d’intérêt écologique, comparés aux animaux. Il s’agit d’une hypothèse audacieuse utilisant l’expérience esthétique (c’est-à-dire émotionnelle et basée sur la mise en valeur de la beauté des végétaux) puis cognitive (c’est-à-dire associée à un message éducatif) comme support des actions, et le numérique pour renforcer l’émotion positive ressentie grâce au caractère multimodal des stimulations sensorielles qu’il permet. Faire interagir les sciences fondamentales (biologie, neurosciences, génie, santé), les philosophies occidentales et asiatiques, les cultures allochtones et autochtones et les arts (écologique, visuel et musique) – au bénéfice de la relation végétaux-humains –, dans une démarche interdisciplinaire et intersectorielle, en codéveloppant des actions concrètes de terrain ayant des bénéfices individuels et collectifs représente les défis et enjeux rencontrés.

Contexte

manager icon Responsables :
Olivier Beauchet
section icon Date : 5 mai 2025

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