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Jessica Riel : UQAM - Université du Québec à Montréal
Façonnée par des logiques capitalistes et patriarcales, la culture de la performance académique, axée sur la productivité et la rapidité, entre en contradiction avec le temps long nécessaire à la réflexion critique. Cette pression constante entraîne une surcharge de travail normalisée, voire banalisée, souvent exacerbée pour certains groupes dont les femmes en raison des rapports sociaux et leur imbrication. Plus nombreuses à assumer des tâches peu valorisées impliquant du care, elles font ainsi face à des exigences accrues. Dans ce contexte, mener une carrière académique impose des compromis, souvent au détriment de la santé et du bien-être personnel, familial, social et professionnel. Comment trouver un équilibre sans compromettre sa carrière ? À travers une approche féministe et intersectionnelle inspirée des réflexions de Berg et Seeber (2016), cette communication interroge les tensions entre lenteur et productivité et vise à réfléchir collectivement à des solutions permettant de repenser la culture de la performance. À cet effet, deux questions seront abordées : Comment repenser le rapport au temps face aux exigences institutionnelles ? Quelles pratiques de résistance permettent de réhabiliter la lenteur comme mode d’engagement intellectuel ? Les participant·es sont invité·es à réfléchir à ces enjeux en amont afin d’alimenter la discussion.
Ce colloque souhaite documenter les pratiques de résistance vouées à mettre au jour et à questionner les relations genrées du milieu de l’éducation, notamment dans l’enseignement postsecondaire universitaire et collégial, face à une culture de domination masculine qui (re)produit les inégalités basées sur des marqueurs identitaires genrés (Walters et al., 2022). Ces inégalités touchent tant les membres du corps professionnel régulier et contractuel (Dutoya et al., 2019) que la population étudiante (Julien et Gosselin, 2015a, 2015b). Par exemple, les femmes s’occupent davantage de tâches « de soin » importantes pour le maintien de la vie universitaire, mais peu reconnues : mentorat, travail administratif, travail de soutien émotif (Gaudet, 2022).
Face à cet état des choses, les pratiques de résistance dans le milieu de l’éducation sont nombreuses et en effervescence depuis les dernières années : publication d’articles provocateurs et de numéros spéciaux confrontant la domination masculine dans certains champs de recherche (Cunliffe, 2022; Aumais, Basque et al., 2018), mise sur pied de campagnes de sensibilisation aux violences sexuelles en milieu universitaire et de collectifs luttant contre les violences sexistes en milieu scolaire (ex. : On s’écoute, La voix des jeunes compte), transformation des pratiques d’enseignement et de publication de la recherche (Aumais et Dorion, 2024), remise en question des normes d’écriture par le mouvement féministe « writing differently » (Gilmore, Harding et Pullen, 2019). Tant à l’échelle internationale que locale, ces quelques exemples mettent en lumière les initiatives qui, si elles ne permettent pas de résoudre définitivement ces enjeux complexes, permettent d’espérer des avancées et des transformations durables du milieu de l’éducation.
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