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Véronique Duchesne : Université Paris Cité
La notion de « décolonisation » est désormais utilisée en santé mondiale pour évoquer le besoin de mieux lutter contre l’influence des oppressions sociales qui influencent directement la possibilité, pour certaines populations, de participer dans les décisions et l’organisation des interventions en santé. L’intégration de « la médecine traditionnelle » aux soins de santé primaires engagée par l’OMS à la fin des années 1970 constitue une étape importante concernant la légitimité des thérapeutes africains dont les savoirs ancrés dans des traditions orales ne concordent pas avec une approche biomédicale de la santé. Cette institutionnalisation est venue inscrire de nouveaux acteurs, pratiques et produits thérapeutiques au sein des systèmes de santé nationaux et étendre le rôle des instances régionales et mondiales (OMS, OMC, OOAS, OAPI) dont le rôle est, en principe, d'accorder l'homogénéisation internationale des régulations les concernant.
Ma présentation propose d’examiner comment ces régulations sont dominées par les « régimes biomédicaux » et dans quelle mesure elles engendrent une transformation des produits et des pratiques des praticiens de médecine traditionnelle désireux de s’impliquer dans le système de santé publique de leur pays. Un exemple ivoirien sera développé avec un extrait de mon film de recherche intitulé Comme un arbre dans la ville (2023).
Lien vers le film: https://filmfreeway.com/Likeatreeinthecity
Mot de passe: koff333
Face aux approches biomédicales standardisées, culturellement réductrices et imposées de manière verticale qui prédominent dans les systèmes de santé publique, un nombre croissant de voix critiques appellent à la décolonisation des politiques de santé publique qui ont historiquement marginalisé les pratiques alternatives en matière de santé et de bien-être des populations (Cevallos et Amores, 2009; Deloach et Swaroop, 2014; Kirmayer et al., 2014; Greenwood, 2018; Affun-Adegbulu et Adegbulu, 2020; Abadia-Barrero, 2023; Pemunta et Tabenyang, 2023; Ridde et al., 2023; Ssennyonjo et al., 2023). En réponse à ces critiques, l’adaptation des systèmes de santé aux attentes et aux besoins particuliers de populations diversifiées sur le plan culturel, social et religieux est récemment devenue un enjeu prioritaire dans le champ de la santé globale (Organisation mondiale de la santé, 2014, 2021, 2024).
Ce colloque offre l’occasion de discuter des controverses, des défis, des obstacles et des opportunités liés à l’élaboration et à la mise en œuvre de programmes de santé publique inclusifs, respectueux de la diversité des besoins, des conceptions et des pratiques relatifs à la santé et au bien-être. Il sera également l’occasion de reconnaître et de mettre en lumière les savoirs des populations et des personnes praticiennes de la guérison non biomédicale sur ce que devraient constituer des interventions et des politiques de santé publique prioritaires, culturellement sécuritaires et inclusives. Les personnes participantes sont invitées à explorer ces thématiques à partir d’études de cas qualitatives ou mixtes, centrées sur des contextes socioculturels, religieux et/ou sociopolitiques particuliers.
Titre du colloque :