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Armel Valdin Teague Tsopgny : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
La littérature sur les modèles contre-stéréotypiques en éducation s’est intéressée davantage au cas des filles dans les séries scientifiques, occultant la situation minoritaire des garçons dans les séries littéraires. En effet, moins de recherches sur ces modèles de rôles s’intéressent spécifiquement aux garçons en langue comparativement à celles menées sur les filles en mathématiques, pire encore lorsqu’on se réfère au contexte camerounais. La question du masculin apparaît dès lors comme « un angle mort » de réflexion sur les rapports sociaux de sexe. La présente réflexion propose une analyse exploratoire et descriptive sur l’effet de la présence des modèles contre-stéréotypiques chez les garçons étudiant le français, à partir de l’impact de la présence des hommes en enseignement du français, dans le cursus des étudiants inscrits en langue moderne française (LMF). Une collecte des données par questionnaire auprès de 110 étudiants inscrits au cycle licence en LMF, à l’Université de Yaoundé I a révélé un effet mitigé des enseignants dans les études de ces derniers. En effet, les étudiants de LMF ont eu autant d’enseignants que d’enseignantes du français durant le cycle secondaire mais, ne perçoivent pas nécessairement un impact positif de la présence des enseignants sur leur réussite en français. Ces résultats suggèrent ainsi que des réflexions approfondies sur les leviers et les modérateurs possibles des effets bénéfiques des masculinités en éducation.
Alors que l’on assiste à une redéfinition progressive et plus saine des rôles sociaux associés à la masculinité (participation parentale plus marquée des pères dans l’éducation des enfants, partage plus équilibré dans les responsabilités domestiques et familiales, prise du congé parental par les pères (Devault et Devault-Tousignant, 2022; Villeneuve et Dubeau, 2022), les jeunes demeurent encore aujourd’hui exposés à certaines normes négatives de la masculinité traditionnelle (ou hégémonique) dans les réseaux sociaux telles que la dévalorisation des femmes et le pouvoir exercé à leur endroit en matière de sexualité ou d’autonomie économique (Delaquis, 2015; Pacouret, Bastin et Marty, 2024). Dans cette conjecture, il s’avère important que les garçons côtoient des modèles positifs d’hommes promouvant des rapports égalitaires entre les hommes et les femmes, et des attitudes favorables à l’inclusion et à la diversité.
À ce chapitre, des chercheurs ont déjà mis en évidence l’importance des modèles masculins à l’école auxquels les élèves, autant garçons que filles, peuvent se référer dans la construction de leur identité (égalité homme-femme, partage équilibré des rôles parentaux (McGrath et Sinclair, 2013). À ce sujet, une présence plus notable d’hommes en enseignement préscolaire et primaire concourrait à promouvoir davantage de modèles de masculinités saines auprès des garçons, faisant ainsi obstacle aux normes négatives de la masculinité traditionnelle (Connell, 2005) auxquelles adhèrent encore certains hommes. De fait, encore faut-il que ces enseignants valorisent une diversité de masculinités saines et établissent une relation positive et proximale avec les garçons pour que ces derniers puissent accueillir et adopter plus aisément des pratiques sociales positives comme hommes.
Dans ce contexte, le présent colloque international vise à fédérer l’expertise de la communauté scientifique et de la relève étudiante relativement aux objets des masculinités en éducation afin de tracer un portrait des avancées idéologiques et sociales, des zones de stagnation et des reculs observés ou anticipés en la matière. Des recommandations, des pistes de solution et des perspectives de recherche seront dégagées et discutées au regard des contextes éducatifs, culturels, religieux et politiques variés desquels proviennent les participantes et les participants du colloque.
Titre du colloque :