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Laurent Fahrni : Université de Fribourg / Université de Montréal
De précédentes recherches (Fahrni, 2019) nous ont permis de révéler une influence mutuelle et réciproque entre l’architecture scolaire, la relation école-familles-communautés (ÉFC) et le climat scolaire (Cheryan et al., 2014; Hébert et Dugas, 2019). Celles-ci ont également montré que l’utilisation et l’appropriation de l’espace scolaire par les différents acteurs de cette relation pouvaient être le lieu d’(en)jeux de pouvoir et d’exclusion notamment pour des familles moins familières avec la culture scolaire (Fahrni et Conus, 2018). En ce sens, cette contribution s’inscrit dans la troisième vague de conceptualisation du bien-être (Lomas et al., 2020) présentée au sein de ce colloque qui s’intéresse aux interactions entre les individus au sein des environnements scolaires. À l’aide d’analyses croisées tirées, d’une part, d’une thèse doctorale réalisée au sein d’une recherche ethnographique (Ogay, 2017) menée dans un établissement scolaire du canton de Fribourg (Suisse) ainsi que, d’autre part, d’entretiens avec des parents d’élèves d’une des écoles-laboratoires (Lab-École) au Québec, nous souhaitons apporter un éclairage novateur sur la relation ÉFC en considérant l’architecture scolaire comme un acteur important de ce triptyque relationnel (plutôt qu’un facteur immuable au sein de celui-ci) plus spécifiquement en ce qui a trait au bien-être des élèves ainsi qu’à la qualité des relations au sein de l’établissement scolaire (Conseil supérieur de l’éducation [CSE], 2020).
Le bien-être est un construit multidimensionnel utilisé par plusieurs disciplines qui ont chacune proposé des définitions reflétant leurs ancrages théoriques (Bautista et coll., 2023). En éducation, un bon nombre de chercheur.ses s’appuient sur la psychologie positive pour définir le bien-être à l’école. Plusieurs modèles théoriques et cadres de référence ont été proposés pour tenter de circonscrire ce construit, et ainsi le rendre plus opérationnel et mesurable (Kern, 2022). De ces modèles et ces cadres, on dégage certains points de convergence : l’importance accordée à des aspects cognitifs et sociaux, la priorisation des perceptions subjectives (par opposition à des conditions objectives) et l’inclusion d’éléments liés au bien-être eudémonique et hédonique (Chia et coll., 2020; Ryan et Deci, 2001). Le bien-être hédonique renvoie au plaisir et au bonheur, alors que le bien-être eudémonique renvoie à l’actualisation du potentiel humain, au sens accordé à la vie et à la réalisation de soi face aux défis (Doré et Caron, 2017; Ryan et Deci, 2001).
Ainsi, dans le cadre de ce colloque, le bien-être à l’école renvoie au plaisir, à la réalisation de soi des élèves, mais également aux compétences sociales et émotionnelles ainsi qu’à la qualité des relations établies en milieu scolaire (Conseil supérieur de l’éducation, 2020; Papazian-Zoharabian et coll., 2018). Le bien-être ne peut alors pas se limiter aux seules expériences individuelles des élèves, mais doit s’inscrire dans une perspective plus large, englobant l’ensemble des acteurs et des environnements scolaires. Sachant que le bien-être est reconnu comme un facteur essentiel influençant à la fois le développement global des élèves, leur parcours scolaire et leur réussite éducative (Beaumont et Garcia, 2020; Conseil supérieur de l’éducation, 2020), il semble alors important d’aborder le rôle du climat scolaire, des relations entre les élèves et les enseignant·es, ainsi que des infrastructures et des politiques de gestion de l’école dans le bien-être des élèves (Lomas et coll., 2020; Rousseau et coll., 2024).
L’objectif de ce colloque, organisé par le Centre d’études sur l’apprentissage et la performance de l’Université du Québec à Montréal, est alors de mieux comprendre les interactions entre l’élève, ses besoins individuels et l’environnement scolaire dans son ensemble, afin de proposer des solutions concrètes pour une école centrée sur le bien-être individuel et collectif.
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