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Désirée Deneo : Institut National de la recherche scientifique
La quatrième vague du féminisme qui a émergé au niveau mondial au cours des années 2000-2010 n’a pas laissé la Côte d’Ivoire en marge. Avec internet et les réseaux sociaux, des jeunes femmes ivoiriennes se revendiquant totalement féministes feront entendre leurs voix. Actives au sein de la société civile ivoirienne, elles poseront le fondement d’une nouvelle lutte féministe orientée contre les violences sexuelles et sexistes.
Elles aborderont sur les réseaux sociaux des sujets tabous tels que la soumission, le viol conjugal, le consentement et le plaisir sexuel féminin. En 2020, l’hashtag #VraieFemmeAfricaine lancé par Traoré Bintou Mariam deviendra viral, tournat en dérision des idées reçues sur les femmes.
Si les réseaux sociaux ont permis de réunir les féministes ivoiriennes, ils ont favorisé la création d’associations comme La Ligue Ivoirienne des droits des femmes, première organisation ivoirienne à se revendiquer et à être déclarée féministe au niveau administratif. Cette organisation s’appuiera sur les réseaux sociaux pour mener des plaidoyers et obtenir des actions concrètes du gouvernement ivoirien concernant les violences faites aux femmes.
Il s’agira de présenter dans le cadre de ce colloque le mouvement féministe ivoirien actuel construit à partir d’Internet à travers l’exemple de La Ligue Ivoirienne des Droits des Femmes, dont les membres ont bouleversé l’espace numérique en portant la lutte contre les violences faites aux femmes en Afrique de l’Ouest francophone.
L’essor du numérique, et notamment des réseaux sociaux, a transformé les modes de communication et d’organisation tout en redéfinissant les répertoires d’action collective des mouvements sociaux. Parmi ceux-ci, les mouvements féministes n’ont pas manqué à l’appel de l’activisme numérique et de nombreuses initiatives locales et globales se sont propagées au cours des 15 dernières années à travers des blogs, des campagnes numériques et la création de mots-clics (hashtags). Le mouvement #MeToo, popularisé en 2017, en est une illustration emblématique. Il a démontré la capacité du numérique à amplifier les revendications féministes, permettant de toucher une audience internationale à une vitesse inédite. Les nouvelles technologies numériques représentent à la fois un outil permettant de reproduire les pratiques militantes hors ligne, tout en offrant des possibilités d’innovation et de transformation des stratégies militantes en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes. La numérisation du féminisme a également accéléré la transnationalisation des mouvements féministes, en accroissant leur diffusion et en renforçant les interconnexions entre différents acteur·trices à l’échelle globale. Alors que les formes de féminisme numérique sont bien documentées dans les pays des Nords, elles sont aussi de plus en plus présentes dans les Suds, soulevant la question de possibles lignes de fracture ou de convergence entre ces différents espaces féministes. Ce colloque propose ainsi d’explorer les enjeux, défis et opportunités liés à la numérisation des mouvements féministes dans un contexte globalisé, en mettant en lumière à la fois les similitudes et les pratiques transnationales, mais aussi les particularités et les divergences dans les pratiques numériques des mouvements féministes des Nords et des Suds.
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