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Pamela Bautista-Boivin : UQAM - Université du Québec à Montréal
La présentation porte sur l’effet de l’accent étranger (EAE) sur la reconnaissance de locutrices en contexte de parade vocale pour les individus locuteurs des français québécois et hexagonal. La littérature atteste largement d’un effet de familiarité linguistique qui peut biaiser les résultats de cette méthode parajuridique. Un nombre beaucoup moins substantiel d’études ont vérifié si ce constat s’étend également aux variétés d’une même langue (régionales ou sociales). Les objectifs principaux de la présente étude sont donc de tester si un tel effet est présent pour les deux variétés de français concernées et si la prédominance de la variante dite « standard » du français engendre une asymétrie mesurable de cet effet. Des participant.e.s (n = 34) dont la variété de français maternelle est soit québécoise ou hexagonale ont participé à une tâche de reconnaissance de locutrices dans deux parades vocales, à raison d’une parade par variété de français. Les résultats révèlent qu’il n’y a pas d’effet significatif de l’accent étranger sur la reconnaissance de locutrices pour les variétés de français étudiées, malgré certaines tendances dignes d’intérêt en lien avec l’asymétrie entre les deux variétés de français et la durée d’établissement des participant.e.s français.e.s au Québec.
La discipline de la linguistique légale, une linguistique appliquée au domaine de l’enquête et du droit, gagne en popularité au Québec (Allard-Gaudreau, Plante-Hébert et Fortin, 2024). Néanmoins, elle demeure largement méconnue des professionnel·les du droit et de la plupart des chercheur·ses en sciences humaines et sociales, en arts et en lettres.
La linguistique légale repose sur une grande variété de méthodes d’analyse, telles que l’analyse de discours, l’analyse conversationnelle, la phonétique et la sociolinguistique, permettant d’examiner les phénomènes langagiers sous différents angles. Ces approches fournissent des réponses précises à des questions souvent inaccessibles aux spécialistes du droit, en raison de leur complexité ou de leur subtilité. Dans le cadre des expertises judiciaires, par exemple, les linguistes peuvent être sollicité·es pour examiner des traces langagières – qu’elles soient orales ou écrites – afin d’apporter des éclairages cruciaux sur des affaires juridiques complexes, allant de l’identification de l’auteur·e d’une lettre de menace anonyme à l’analyse d’enregistrements incriminants. La linguistique légale couvre également l’analyse des textes de loi et des procédures écrites. Le rôle des linguistes est, dans ce contexte, d’améliorer la clarté et de réduire les biais d’interprétation des documents examinés. Par ailleurs, certain·es spécialistes de la linguistique vont étudier les interactions verbales qui ont cours au sein du processus judiciaire afin d’explorer la dynamique des échanges entre les professionnel·les du droit et les profanes : on cherche ainsi à découvrir comment le sens des paroles est négocié par ces acteur·trices et par quelles stratégies chacun tente d’imposer sa vision à l’autre. Enfin, d’autres chercheur·ses vont plutôt consacrer leurs travaux à l’analyse des discours légaux et judiciaires dans l’espace public et médiatique. Ces recherches visent à comprendre comment les médias et l’opinion publique perçoivent les enjeux des tribunaux et en discutent.
L’objectif de ce colloque, qui fait suite à celui organisé en 2023, est de poursuivre les efforts pour faire connaître la linguistique légale au Québec. Ce colloque est l’occasion de faire le point sur les avancées les plus récentes dans le domaine. Il permet également de rassembler de jeunes chercheur·ses et des spécialistes plus expérimenté·es autour des questions relatives à l’usage du langage dans des contextes légaux et judiciaires. À l’image de la linguistique légale – intrinsèquement multidisciplinaire –, des contributions issues de toutes les disciplines sont les bienvenues.
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