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Michel Tondellier : Université des Antilles
À partir d’une enquête qualitative menée à la Martinique en 2024-2025 (une cinquantaine d’entretiens semi-directifs menés avec des jeunes de 18 à 35 ans), portant sur la décohabitation parentale, la communication propose d’étudier ce que l’accès à l’âge adulte des jeunes des jeunes Martiniquais doit aux trajectoires d’accès au logement autonome.
Les parcours des jeunes vers l’âge adulte connaissent, dans le Outre-mer français des caractéristiques distinctes de celles des jeunes de l’Hexagone mais aussi d’un territoire ultra-marin à l’autre (Floury et al., 2023). Si l’on s’en tient à la situation martiniquaise et aux principaux « seuils » identifiés par Galland (2011), les recherches rendent compte d’une mobilité d’études et d’accès à l’emploi vers la France Hexagonale ou l’étranger qui draine les forces vives de l’île (Marie, 2014), un accès à l’emploi moindre pour « ceux qui restent » sur le territoire martiniquais, une entrée précoce dans la fécondité, des décohabitations bien plus tardives et une mise en union moins fréquente (Drajes, 2024). À cela s’ajoute une surreprésentation des familles monoparentales qui cohabitent plus durablement avec les parents (Régnier-Loilier, 2022).
Les trajectoires de sortie du logement familial et d’entrée dans l’âge adulte seront analysées à l’articulation de tendances structurelles lourdes (marché du logement, développement économique, démographie) et des influences culturelles marquées, notamment, dans les rapports intra-familiaux.
Dans des contextes où de nombreuses personnes sont confrontées à des difficultés d’accès à un logement, comment se déroulent les trajectoires résidentielles des jeunes et leurs parcours de transition vers la vie adulte? Les jeunes sont de plus en plus exposé·es à la crise du logement, qui rend leurs trajectoires résidentielles diverses et incertaines, flexibles et réversibles. Quels actions, stratégies, relations, ressources et soutiens mobilisent-ils et elles? Que signifie pour eux et elles le logement indépendant? Qu’en est-il des pratiques d’hébergement? Des inégalités sociales se creusent alors que les jeunes n’ont pas accès aux mêmes relations, soutiens et ressources pour faire face à ces difficultés. Les trajectoires résidentielles permettent d’analyser les transformations des parcours juvéniles, car l’accès à un logement fait partie des transitions importantes dans les passages vers la vie adulte. Comment les relations d’interdépendances entre les sphères de vie se conjuguent-elles avec les trajectoires résidentielles et les passages vers la vie adulte? De quelles manières les marqueurs de la diversité, comme la région, le genre, l’origine ethnique, l’appartenance à une classe sociale, la situation économique, entrent-ils en interaction avec les trajectoires résidentielles et les parcours de transition vers la vie adulte? Ce sont à ces questions que ce colloque cherche à répondre en proposant trois axes de réflexion : 1) les trajectoires résidentielles (la recherche d’une résidence, l’accès au logement ou à l’hébergement, la stabilité et la précarité résidentielle); 2) les rapports au logement et à l’habitat (les expériences d’habiter [ou de non habiter], le sentiment et les pratiques du chez-soi et de l’autonomie, l’accès et le rapport à la propriété privée); 3) les soutiens et les contraintes au logement (les politiques publiques et les acteurs privés ou communautaires, les difficultés financières, l’isolement).
Titre du colloque :