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Jacques Roy : Université Laval
C’est connu : au collégial, les filles ont de meilleurs résultats scolaires que les garçons et elles persévèrent davantage dans leurs études qu’eux. Constats qui trouvent écho au secondaire comme à l’université. Ce peut-il que des mécanismes de socialisation différenciée selon le genre puissent contribuer aux écarts observés? Selon une étude ayant porté sur une analyse secondaire des données de quatre recherches sur la réussite scolaire en milieu collégial (un total de 4 289 collégiens, répartis dans 51 établissements collégiaux), deux modèles compréhensifs propres à la socialisation selon le genre permettraient d’apporter un éclairage sur les parcours différenciés entre garçons et filles quant à la réussite scolaire et à la persévérance aux études. Chez les garçons, un modèle d’affirmation de type ludique où leur volonté d’être autonomes devant les professeurs et devant leurs parents ainsi que le plaisir recherché dans les mécanismes d’apprentissage où ils pourraient ainsi s’éprouver à travers des activités pédagogiques, exprimerait davantage leur réalité. Chez les filles, un modèle d’engagement de type conformiste traduirait davantage leur rapport à l’éducation. Le projet scolaire se maillerait davantage à leurs propres aspirations personnelles à travers un mode de socialisation où est recherchée la conformité aux exigences scolaires. L’objet de la communication est de présenter les deux modèles compréhensifs.
Alors que l’on assiste à une redéfinition progressive et plus saine des rôles sociaux associés à la masculinité (participation parentale plus marquée des pères dans l’éducation des enfants, partage plus équilibré dans les responsabilités domestiques et familiales, prise du congé parental par les pères (Devault et Devault-Tousignant, 2022; Villeneuve et Dubeau, 2022), les jeunes demeurent encore aujourd’hui exposés à certaines normes négatives de la masculinité traditionnelle (ou hégémonique) dans les réseaux sociaux telles que la dévalorisation des femmes et le pouvoir exercé à leur endroit en matière de sexualité ou d’autonomie économique (Delaquis, 2015; Pacouret, Bastin et Marty, 2024). Dans cette conjecture, il s’avère important que les garçons côtoient des modèles positifs d’hommes promouvant des rapports égalitaires entre les hommes et les femmes, et des attitudes favorables à l’inclusion et à la diversité.
À ce chapitre, des chercheurs ont déjà mis en évidence l’importance des modèles masculins à l’école auxquels les élèves, autant garçons que filles, peuvent se référer dans la construction de leur identité (égalité homme-femme, partage équilibré des rôles parentaux (McGrath et Sinclair, 2013). À ce sujet, une présence plus notable d’hommes en enseignement préscolaire et primaire concourrait à promouvoir davantage de modèles de masculinités saines auprès des garçons, faisant ainsi obstacle aux normes négatives de la masculinité traditionnelle (Connell, 2005) auxquelles adhèrent encore certains hommes. De fait, encore faut-il que ces enseignants valorisent une diversité de masculinités saines et établissent une relation positive et proximale avec les garçons pour que ces derniers puissent accueillir et adopter plus aisément des pratiques sociales positives comme hommes.
Dans ce contexte, le présent colloque international vise à fédérer l’expertise de la communauté scientifique et de la relève étudiante relativement aux objets des masculinités en éducation afin de tracer un portrait des avancées idéologiques et sociales, des zones de stagnation et des reculs observés ou anticipés en la matière. Des recommandations, des pistes de solution et des perspectives de recherche seront dégagées et discutées au regard des contextes éducatifs, culturels, religieux et politiques variés desquels proviennent les participantes et les participants du colloque.
Titre du colloque :