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Sophie Chavigny : UQAM - Université du Québec à Montréal
Les taux élevés de décrochage dans l’enseignement supérieur représentent un défi majeur, compromettant le développement d’une main-d’œuvre qualifiée pour relever les enjeux complexes du 21ᵉ siècle. La motivation apparait comme un facteur essentiel à la persévérance et la réussite académique, tandis que l’amotivation est associée à l’abandon. Parallèlement, les préoccupations concernant le bien-être des étudiants dans l'enseignement supérieur sont de plus en plus importantes, mais la relation entre la motivation, l’amotivation et le bien-être en enseignement supérieur reste mal comprise. Cette étude examine le lien entre bien-être psychologique, motivation et amotivation chez les étudiants de l’enseignement supérieur. Des données quantitatives seront collectées auprès de 300 étudiants à l’aide de trois outils : l’Échelle de Motivation en Éducation (EMS ; Vallerand et al., 1989), un questionnaire sur l’amotivation scolaire (Lieury et al., 2015) et l’Échelle de Bien-Être Psychologique (Ryff & Keyes, 1995). Des tests de corrélation seront ensuite réalisés. Nous prévoyons une corrélation positive significative entre bien-être et motivation, tandis qu'une corrélation négative significative est attendue avec l’amotivation. Ces résultats pourront guider la création de programmes axés sur la motivation et le bien-être, tout en informant les décideurs et établissements afin d’adopter des approches holistiques centrées sur les besoins des étudiants pour réduire le décrochage.
Le bien-être est un construit multidimensionnel utilisé par plusieurs disciplines qui ont chacune proposé des définitions reflétant leurs ancrages théoriques (Bautista et coll., 2023). En éducation, un bon nombre de chercheur.ses s’appuient sur la psychologie positive pour définir le bien-être à l’école. Plusieurs modèles théoriques et cadres de référence ont été proposés pour tenter de circonscrire ce construit, et ainsi le rendre plus opérationnel et mesurable (Kern, 2022). De ces modèles et ces cadres, on dégage certains points de convergence : l’importance accordée à des aspects cognitifs et sociaux, la priorisation des perceptions subjectives (par opposition à des conditions objectives) et l’inclusion d’éléments liés au bien-être eudémonique et hédonique (Chia et coll., 2020; Ryan et Deci, 2001). Le bien-être hédonique renvoie au plaisir et au bonheur, alors que le bien-être eudémonique renvoie à l’actualisation du potentiel humain, au sens accordé à la vie et à la réalisation de soi face aux défis (Doré et Caron, 2017; Ryan et Deci, 2001).
Ainsi, dans le cadre de ce colloque, le bien-être à l’école renvoie au plaisir, à la réalisation de soi des élèves, mais également aux compétences sociales et émotionnelles ainsi qu’à la qualité des relations établies en milieu scolaire (Conseil supérieur de l’éducation, 2020; Papazian-Zoharabian et coll., 2018). Le bien-être ne peut alors pas se limiter aux seules expériences individuelles des élèves, mais doit s’inscrire dans une perspective plus large, englobant l’ensemble des acteurs et des environnements scolaires. Sachant que le bien-être est reconnu comme un facteur essentiel influençant à la fois le développement global des élèves, leur parcours scolaire et leur réussite éducative (Beaumont et Garcia, 2020; Conseil supérieur de l’éducation, 2020), il semble alors important d’aborder le rôle du climat scolaire, des relations entre les élèves et les enseignant·es, ainsi que des infrastructures et des politiques de gestion de l’école dans le bien-être des élèves (Lomas et coll., 2020; Rousseau et coll., 2024).
L’objectif de ce colloque, organisé par le Centre d’études sur l’apprentissage et la performance de l’Université du Québec à Montréal, est alors de mieux comprendre les interactions entre l’élève, ses besoins individuels et l’environnement scolaire dans son ensemble, afin de proposer des solutions concrètes pour une école centrée sur le bien-être individuel et collectif.
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