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Émilie Genin : Université de Montréal
Historiquement, les syndicats constituent d’importants vecteurs de promotion de l'égalité en milieu de travail. Les études montrent en effet qu’ils font la promotion à la fois de la transformation sociale et de l’intégration institutionnelle de l’égalité, ce qui permet notamment de donner aux femmes les moyens d’agir collectivement. Les syndicats élargissent leur champ d’action pour inclure, par exemple, des questions liées à la conciliation travail-vie personnelle, à l’élimination de la discrimination ou d’autres sujets en rapport avec les préoccupations de leurs membres, même si du travail reste encore à faire à ce chapitre. Quelles sont les mesures qui peuvent être négociées dans les conventions collectives pour permettre une meilleure prise en compte des intérêts des femmes dans les milieux universitaires ? En se basant sur une récession des clauses de conventions collectives au Québec et d’entrevues réalisées auprès de syndicats québécois, cette communication propose une analyse des avenues les plus prometteuses pour négocier l’égalité professionnelle et recesse les écueils à éviter. Il apparait en effet que les clauses d’égalité professionnelle ne permettent de véritables transformations que si les employeurs et les partenaires sociaux s'engagent au plus haut niveau et conduisent des changements structurels au système d'emploi. Faute de quoi, plusieurs de ces mesures risquent de demeurer purement cosmétiques.
Ce colloque souhaite documenter les pratiques de résistance vouées à mettre au jour et à questionner les relations genrées du milieu de l’éducation, notamment dans l’enseignement postsecondaire universitaire et collégial, face à une culture de domination masculine qui (re)produit les inégalités basées sur des marqueurs identitaires genrés (Walters et al., 2022). Ces inégalités touchent tant les membres du corps professionnel régulier et contractuel (Dutoya et al., 2019) que la population étudiante (Julien et Gosselin, 2015a, 2015b). Par exemple, les femmes s’occupent davantage de tâches « de soin » importantes pour le maintien de la vie universitaire, mais peu reconnues : mentorat, travail administratif, travail de soutien émotif (Gaudet, 2022).
Face à cet état des choses, les pratiques de résistance dans le milieu de l’éducation sont nombreuses et en effervescence depuis les dernières années : publication d’articles provocateurs et de numéros spéciaux confrontant la domination masculine dans certains champs de recherche (Cunliffe, 2022; Aumais, Basque et al., 2018), mise sur pied de campagnes de sensibilisation aux violences sexuelles en milieu universitaire et de collectifs luttant contre les violences sexistes en milieu scolaire (ex. : On s’écoute, La voix des jeunes compte), transformation des pratiques d’enseignement et de publication de la recherche (Aumais et Dorion, 2024), remise en question des normes d’écriture par le mouvement féministe « writing differently » (Gilmore, Harding et Pullen, 2019). Tant à l’échelle internationale que locale, ces quelques exemples mettent en lumière les initiatives qui, si elles ne permettent pas de résoudre définitivement ces enjeux complexes, permettent d’espérer des avancées et des transformations durables du milieu de l’éducation.
Titre du colloque :