pen icon Colloque
quote

Perceptions et représentations mentales des consommateurs à l'égard d'une laitue cultivée selon les principes de la lutte intégrée : Analyse qualitative des déterminants du consent

YD

Membre a labase

Yembilima Arnold Régis Dabilgou : Université Laval

Résumé de la communication

De nombreuses sources récurrentes et concordantes font état ces dernières années d’un lien significatif entre l’utilisation des pesticides et le développement de certains problèmes de santé chroniques (ex. les cancers, les troubles de la reproduction, les répercussions sur le système nerveux et endocrinien) (Roberts et al., 2019) auxquels pourraient s’ajouter également d’autres externalités négatives, telles que la contamination des milieux agricoles terrestres et aquatiques (Montiel-Leon et al., 2019).

Ces études ainsi que leur corollaire de réactions publiques et médiatiques font grandement écho chez les citoyens-consommateurs qui semblent de plus en plus désireux d’une agriculture aseptisée de toute utilisation d’intrants chimiques. Cette préférence se traduit dans la littérature scientifique notamment par une disposition à payer plus élevée pour des produits et expériences bioalimentaires cristallisant les attentes pro-environnementales (Feretti et al., 2023 ; Fuller et al., 2022 ; Petrontoni et al., 2024; Traoré et al., 2023). Or, cet idéal de durabilité promu par les citoyens semble contraster avec la réalité objective des dynamiques de production des aliments à la ferme qui contraignent une grande majorité des agriculteurs à recourir aux pesticides afin de répondre à certains impératifs de conservation, de coûts (prix), et d’esthétique qui, paradoxalement, sont aussi considérés comme importants par les citoyens lorsqu’ils agissent comme consommateurs.

Résumé du colloque

La consommation est au cœur de notre quotidien et occupe toutes les sphères de la société, du supermarché à la santé (IRIS, 2014). Il s’agit d’un fait social total, mais qui est aujourd’hui largement critiqué pour les inégalités sociales et les conséquences environnementales qu’il engendre. En effet, 10 % des ménages québécois sont considérés comme étant à faibles revenus (Institut de la statistique du Québec, 2021). De plus, la pandémie de COVID‑19 a entraîné une forte inflation qui touche davantage les produits de base (Cavallo et Kryvtsov, 2024). L’augmentation des prix de logement et de l’alimentation semblent être les principaux facteurs qui renforcent l’exclusion économique des populations vulnérables, les poussant ainsi à consommer des produits de moindre qualité (Bordeleau, 2024).

Du côté environnemental, le portrait n’est pas plus reluisant. Les modes de vie occidentaux basés sur la consommation de masse sont au fondement du dépassement des limites planétaires (Steffen et al., 2015). Par exemple, les changements climatiques sont fortement causés par les émissions de GES du transport (43 % des émissions du Québec), dont une part significative est due aux automobiles individuelles (32 % des GES du Québec). Un autre exemple de limite planétaire est la crise de la biodiversité ou la 6e extinction de masse (IPBES, 2019). La destruction des habitats naturels par l’urbanisation et l’agriculture est en cause, mais derrière ce sont nos modes de vies qui amènent à consommer toujours plus de ressources (Martins et al., 2020).

Ces constats ne concernent pas que le Québec et sont le lot des sociétés occidentales (IPCC, 2023). Ainsi, il est plus que nécessaire de promouvoir des approches critiques en sciences de la consommation (Hansen et Bo Nielsen, 2023; Berlan et al., 2022). Par ce thème, nous voulons non seulement souligner les limites des pratiques de consommation actuelles, mais nous souhaitons aussi ouvrir de nouvelles perspectives qui promeuvent un niveau de bien-être acceptable et soutenable (Fuchs, 2021). Sous cet angle, un accent particulier est porté sur les modalités d’autonomisation des consommateurs pour améliorer leur appropriation des logiques de consommation. Cela implique de considérer, implicitement, le fait que consommer pourrait être « positif », dans la mesure où cela contribue non seulement à l’économie, mais également au bonheur et à la qualité de vie des consommateurs (Miller et Stovall, 2019).

Contexte

section icon Date : 5 mai 2025

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :