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Mourad Louardani : Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation
Afin de soutenir l’alimentation locale, de même que pour augmenter l’autonomie alimentaire du Québec, le Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ) a lancé la stratégie de croissance du secteur serricole en 2020 avec l’objectif de doubler le volume de production du secteur d’ici 2025. Pour soutenir le développement des entreprises serricoles, certaines mesures sont instaurées dès 2020 : programmes d’aide financières pour construire de nouvelles serres et ou les moderniser, programmes de rabais sur l’électricité, mise en place de chaires ainsi qu’un programme visant à concevoir des solutions technologiques appropriées. La présentation porte sur la description du portrait global de la serriculture et de la production en bâtiments au Canada et au Québec. Il sera question de données statistiques concernant les superficies totales en serre, et, plus distinctement des fruits, légumes et productions ornementales, ainsi que l’évolution de leur répartition, vis-à-vis des superficies cultivées en serres, au cours des dernières années. Les moyens de développement seront également mis en lumière puisque le secteur serricole Québécois dispose de plusieurs leviers et opportunités. Toutefois, différents enjeux et défis sont à considérer si l’on souhaite que les efforts soient maintenus à long terme. En somme, l’objectif de l’intervention du ministère est de brosser un portrait du secteur serricole québécois et de le comparer aux secteurs canadiens et mondiaux.
Le dérèglement climatique amène des défis majeurs pour l’agriculture de demain, en particulier au regard de la volonté du Québec, et plus globalement du Canada, d’atteindre une certaine autonomie alimentaire. Des moyens de production innovants doivent être développés pour y faire face.
Parmi l’ensemble des solutions envisagées, les enceintes de production végétale intérieure (EPVI), soit les serres (S), les fermes verticales (FV) ou encore les fermes containers (FC) sont en plein essor. Elles permettent une production locale, abritée de l’environnement extérieur, soutenant ainsi la sécurité alimentaire, tout en atteignant des rendements plus élevés par surface cultivée que la culture en champs. Ce rendement plus élevé n’est cependant possible qu’en maintenant des conditions spécifiques en termes de température, d’humidité, de concentration de dioxyde de carbone et d’éclairage. Il en résulte une consommation d’énergie accrue. Cette énergie peut provenir de combustibles fossiles (tels que le propane, le gaz naturel et plus rarement le mazout) émettant de grandes quantités de gaz à effet de serre et accélérant le dérèglement climatique. L’énergie peut aussi être issue de barrages hydroélectriques, beaucoup plus neutre en carbone. Toutefois, de fortes demandes, ponctuelles et simultanées (sur plusieurs sites par exemple), peuvent perturber le réseau électrique. D’autres solutions permettant d’atteindre une neutralité carbone existent, comme la biomasse. Cependant, l’approvisionnement énergétique, quelle qu’en soit la source, apporte son lot de contraintes, et, afin de minimiser ses effets, il est nécessaire de réduire la consommation des EPVI en adoptant des principes d’efficacité énergétique. Pour cela, il est nécessaire de développer de nouvelles approches de conception, de mettre au point de nouveaux concepts de systèmes, en plus d’optimiser leur contrôle et leur opération. Ces aspects expérimentaux et énergétiques doivent être corrélés avec l’objectif premier de l’EPVI : la production végétale.
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