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Anne-Cécile Caseau : INJEP
Cette intervention portera sur les trajectoires résidentielles d’étudiant⸱es décohabitant⸱es en France, et la manière dont les expériences de précarité pendant les études sont imbriquées avec des difficultés à trouver un logement autonome, et à vivre dans ce logement.
Cette communication s’appuiera sur une enquête qualitative réalisée en 2023, auprès de 43 étudiant⸱es dans des établissements d’enseignement supérieur en Ile-de-France. L’enquête cherchait à mettre en évidence comment les étudiant⸱es opèrent des hiérarchisations de leurs besoins dans des contextes d’insuffisance et d’instabilité de leurs ressources : le logement est présenté comme le premier poste de dépenses pour les décohabitante⸱s, et une priorité.
Il est central pour les étudiant⸱es décohabitant⸱es de pouvoir payer leur loyer et éviter de se retrouver sans logement. Pourtant, avec des fins de baux, des demandes de place en résidence CROUS refusées, ou des déménagements dans le contexte d’une mobilité pour ses études, les étudiant⸱es sont exposé⸱es à de multiples reprises à des processus de recherche de logement, et de multiples obstacles pour parvenir à trouver un endroit où vivre.
D’où viennent ces difficultés, et comment est-ce que les étudiant⸱es tentent de les contourner ou d’y faire face ? Cette proposition reviendra en particulier sur la complexité des recherches de logement en Ile-de-France, et le rôle de réseaux de solidarité et d’entraide.
Dans des contextes où de nombreuses personnes sont confrontées à des difficultés d’accès à un logement, comment se déroulent les trajectoires résidentielles des jeunes et leurs parcours de transition vers la vie adulte? Les jeunes sont de plus en plus exposé·es à la crise du logement, qui rend leurs trajectoires résidentielles diverses et incertaines, flexibles et réversibles. Quels actions, stratégies, relations, ressources et soutiens mobilisent-ils et elles? Que signifie pour eux et elles le logement indépendant? Qu’en est-il des pratiques d’hébergement? Des inégalités sociales se creusent alors que les jeunes n’ont pas accès aux mêmes relations, soutiens et ressources pour faire face à ces difficultés. Les trajectoires résidentielles permettent d’analyser les transformations des parcours juvéniles, car l’accès à un logement fait partie des transitions importantes dans les passages vers la vie adulte. Comment les relations d’interdépendances entre les sphères de vie se conjuguent-elles avec les trajectoires résidentielles et les passages vers la vie adulte? De quelles manières les marqueurs de la diversité, comme la région, le genre, l’origine ethnique, l’appartenance à une classe sociale, la situation économique, entrent-ils en interaction avec les trajectoires résidentielles et les parcours de transition vers la vie adulte? Ce sont à ces questions que ce colloque cherche à répondre en proposant trois axes de réflexion : 1) les trajectoires résidentielles (la recherche d’une résidence, l’accès au logement ou à l’hébergement, la stabilité et la précarité résidentielle); 2) les rapports au logement et à l’habitat (les expériences d’habiter [ou de non habiter], le sentiment et les pratiques du chez-soi et de l’autonomie, l’accès et le rapport à la propriété privée); 3) les soutiens et les contraintes au logement (les politiques publiques et les acteurs privés ou communautaires, les difficultés financières, l’isolement).
Titre du colloque :