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Processus de circulation des savoirs entre acteurs éducatifs et chercheurs dans une recherche collaborative visant le développement d’écoles apprenantes en France

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Fabrienne Brière : Aix-Marseille Université

Résumé de la communication

Notre contribution s’intéresse au développement d’écoles apprenantes (EA) dans le cadre d’une recherche collaborative associant quatre chercheures, six directeurs d’école, un inspecteur de l’éducation nationale et trois formatrices d’une circonscription. La recherche vise à pérenniser à l’échelle locale les modalités bottom-up de formation continue initiées par l’introduction récente du dispositif des constellations en France. La phase de coproblématisation a permis de dégager des objets communs inhérents aux compétences professionnelles et au rôle des différents acteurs, notamment des directeurs dans les EA. La démarche méthodologique associe des outils issus des théories de l’activité et de la théorie de l’action didactique conjointe. L’avancée du travail de coanalyse s’enracine dans l’alternance de temps d’élucidation des tensions et dilemmes vécus par les acteurs, d’apports issus d’une mixité de domaines scientifiques ainsi que d’analyses individuelles et collectives ancrées dans l’expérience. Les premiers résultats montrent l’importance du maillage des savoirs scientifiques, expérientiels et institutionnels pour accompagner la construction de la professionnalité des formateurs et des pilotes. Au-delà, la délimitation du rôle de chacun au sein des EA met en discussion la transposition des savoirs de métier liés à la conduite d’un travail d’analyse de situations concrètes de travail du contexte de formation à celui du pilotage d’une équipe éducative.

Résumé du colloque

La recherche qualitative est née au début du siècle dernier d’une volonté de pallier les études statistiques insensibles aux réalités multiples et singulières des acteur·trices de terrain et à leur incapacité à expliquer leurs expériences enchevêtrées. Les premiers travaux en anthropologie et en sociologie ont pavé la voie en jetant les bases d’une façon de faire la recherche au plus près des terrains d’enquête (Morrissette et Demazière, 2019). Dans les années 1980, différentes influences ont conduit à un nouveau type de rapprochement, notamment l’appel de Lieberman (1986) invitant à changer la manière de considérer la relation aux participant·es recruté·es pour les recherches : working with, not working on… Dans cette foulée, l’épistémologie de Schön a soutenu de nouveaux rapports entre recherche et pratique avec la parution de son ouvrage Le praticien réflexif (1983), qui a exercé une influence dans différents champs disciplinaires. La « nouvelle épistémologie de la pratique » (Schön, 2011) proposée s’est inscrite en rupture avec le paradigme de la rationalité technique selon laquelle les réponses aux problèmes professionnels se trouvent dans les savoirs issus de la recherche. Avec d’autres propositions, dont le modèle d’« acteur compétent » proposé par Giddens (1987), plusieurs chercheur·ses ont revu leurs pratiques cloisonnées et les ont ouvertes à la collaboration, acceptant le partage du pouvoir entre les acteur·trices d’une communauté. Les recherches collaboratives accordent aux divers acteur·trices le statut de « coconstructeur·trices du savoir » dans les différentes phases emboîtées d’une investigation conjointe (Bednarz, 2013; Desgagné et al., 2001). Mais qu’en est-il de leur implication concrète dans le processus d’analyse de l’objet de préoccupation mutuelle?

Contexte

section icon Date : 5 mai 2025

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