Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Nanika Coriolan : UQAC-Université du Québec à Chicoutimi
Dans le système de santé, les personnes transgenres et de genre divers ont encore de la méfiance envers les personnes professionnelles de la santé. En effet, les écrits soulèvent les principaux obstacles à l'accès aux soins des personnes transgenres et de genre divers, dont l'insuffisance de la formation des personnes professionnelles de la santé, la négligence de la recherche à aborder les préoccupations principales de cette population, ainsi que la stigmatisation et la discrimination persistantes dans les milieux de soins (Blotner & Rajunov, 2018; Jacob & Cox, 2017; Jaffee, Shires & Stroumsa, 2016).Ce projet selon l'approche d'intervention mapping (Bartholomew et al., 2016) vise à mettre en place une intervention éducative sur la santé transgenre afin d'augmenter les connaissances des infirmières et des infirmiers en première ligne et ainsi diminuer la stigmatisation envers la patientèle transgenre et de genre divers.
Un dialogue entre expériences et savoirs pour la justice est nécessaire. La justice reproductive repose sur des principes fondamentaux : le droit d’avoir ou non des enfants ainsi que le droit de les élever dans des environnements sûrs et sains. La justice reproductive requiert l’autonomie sexuelle et la liberté de genre pour chaque individu (Ross et Solinger, 2017). Les droits reproductifs se déclinent en trois catégories : les droits à l’autodétermination en matière de reproduction, les droits aux services de santé sexuelle et en matière de reproduction, à l’information et à l’éducation, ainsi que les droits à l’égalité et à la non-discrimination (Erdman et Cook, 2008). Ces droits sont indissociables de l’accès à une santé reproductive holistique, définie comme un état de bien-être complet permettant aux individus de mener une vie sexuelle épanouie et sans danger, tout en ayant la liberté de décider s’ils souhaitent avoir des enfants et, le cas échéant, quand et à quelle fréquence (Organisation mondiale de la santé, 1994).
Cependant, l’histoire a démontré que ces droits fondamentaux ont été systématiquement bafoués pour certaines populations en contextes de vulnérabilité (menaces ou difficultés liées à divers facteurs biologiques, physiques, psychologiques, cognitifs, socioéconomiques, ethnoculturels, sexuels et de genre, comportementaux, environnementaux et d’accès aux soins) (Grabovschi et coll., 2013). Au Canada, par exemple, des pratiques de stérilisation forcée ont ciblé des personnes autochtones, migrantes, racisées, judiciarisées ou institutionnalisées (Stote, 2019). Ces inégalités historiques et structurelles demeurent présentes aujourd’hui, y compris au Québec, comme l’ont révélé nos premières recherches en santé reproductive. Il est donc impératif d’adopter une approche interdisciplinaire de justice reproductive, afin de garantir des droits équitables et une santé inclusive à l’ensemble de la population.
Titre du colloque :