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Dominique Gaulin : Université de Montréal
Les manières dont les expériences des phénomènes dits psychotiques (PDP) dans le langage dominant de la santé mentale sont vécues et comprises ne sont pas culturellement neutres, et leurs définitions ainsi que leurs interprétations sont loin d’être univoques et figées. Or, la colonialité (Quijano, 2007) et les pratiques normatives en santé mentale contribuent à pathologiser certaines expériences (Linklater, 2014). Cette présentation met en lumière les résultats d’une recherche doctorale réalisée au Nunavik, Québec qui portait, entre autres, sur les conceptualisations et les expériences des PDP chez les Inuit, renommés réalités parallèles et plurielles (RPP) au terme du projet. Au travers les récits d’Inuit, d’intervenants non Inuit et de 224 journées d’observation participantes, les résultats mettent en exergue les dynamiques qui sous-tendent les situations de violence systémiques et épistémiques, qui limitent la capacité des Inuits de mettre à profit leurs savoirs, mais aussi, qui posent barrières aux intervenants non-Inuit qui souhaitent adapter leurs pratiques. À l'issue de cette présentation, les auditeurs pourront mesurer la complexité et la pluralité des RPP au Nunavik, de développer une meilleure compréhension des dynamiques de pouvoir ancrées dans les services de santé mentale et d’adopter un regard réflexif et critique sur les conditions nécessaires à la reconnaissance et à la valorisation des savoirs inuit dans ce domaine.
Face aux approches biomédicales standardisées, culturellement réductrices et imposées de manière verticale qui prédominent dans les systèmes de santé publique, un nombre croissant de voix critiques appellent à la décolonisation des politiques de santé publique qui ont historiquement marginalisé les pratiques alternatives en matière de santé et de bien-être des populations (Cevallos et Amores, 2009; Deloach et Swaroop, 2014; Kirmayer et al., 2014; Greenwood, 2018; Affun-Adegbulu et Adegbulu, 2020; Abadia-Barrero, 2023; Pemunta et Tabenyang, 2023; Ridde et al., 2023; Ssennyonjo et al., 2023). En réponse à ces critiques, l’adaptation des systèmes de santé aux attentes et aux besoins particuliers de populations diversifiées sur le plan culturel, social et religieux est récemment devenue un enjeu prioritaire dans le champ de la santé globale (Organisation mondiale de la santé, 2014, 2021, 2024).
Ce colloque offre l’occasion de discuter des controverses, des défis, des obstacles et des opportunités liés à l’élaboration et à la mise en œuvre de programmes de santé publique inclusifs, respectueux de la diversité des besoins, des conceptions et des pratiques relatifs à la santé et au bien-être. Il sera également l’occasion de reconnaître et de mettre en lumière les savoirs des populations et des personnes praticiennes de la guérison non biomédicale sur ce que devraient constituer des interventions et des politiques de santé publique prioritaires, culturellement sécuritaires et inclusives. Les personnes participantes sont invitées à explorer ces thématiques à partir d’études de cas qualitatives ou mixtes, centrées sur des contextes socioculturels, religieux et/ou sociopolitiques particuliers.
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