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Savoirs professionnels et scientifiques issus d’une recherche participative composant avec le vivant du terrain et la coopération entre enseignant.es et chercheur.es

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Isabelle Claverie : Aix-Marseille Université

Résumé de la communication

L’objet de notre communication s’inscrit dans le courant des recherches participatives qui invitent à investiguer les actions professionnelles tout en composant avec la co-constitution du sens des données collectées au fil d’un étayage réciproque entre collaborateur∙trices (Vinatier et Morrissette, 2015). Prenant appui sur une étude questionnant les effets de la mise en œuvre d’un programme d’action culturelle – le dispositif Lycéens et apprentis au cinéma – sur l'activité professorale, nous souhaitons caractériser le processus développemental déclenché par notre intervention-recherche (Bonnemain, 2019) référée à la démarche d’autoconfrontation (Clot et al., 2000). Nous portons attention aux rôles de chaque protagoniste ainsi qu’aux effets de leurs interactions sur la co-construction progressive des résultats professionnels et scientifiques. Nos investigations montrent que le pouvoir transformatif du dispositif de recherche résulte d’une succession d’allers-retours entre une phase d’observation reposant sur la comparaison interindividuelle (Wallon, 1983) entre acteur.trices de terrain et une phases de coopération activée dans une zone interprétative partagée entre acteur.trice.s de terrain et chercheur.e.s (Morrissette, 2013). Les jeux d’alternance entre ces deux phases engagent l’ensemble des participant.es dans un espace réflexif (Bednarz et al., 2012) évolutif assimilable à un work in progress scientifique déclencheur d’une dynamique (trans)formative reconductible.

Résumé du colloque

La recherche qualitative est née au début du siècle dernier d’une volonté de pallier les études statistiques insensibles aux réalités multiples et singulières des acteur·trices de terrain et à leur incapacité à expliquer leurs expériences enchevêtrées. Les premiers travaux en anthropologie et en sociologie ont pavé la voie en jetant les bases d’une façon de faire la recherche au plus près des terrains d’enquête (Morrissette et Demazière, 2019). Dans les années 1980, différentes influences ont conduit à un nouveau type de rapprochement, notamment l’appel de Lieberman (1986) invitant à changer la manière de considérer la relation aux participant·es recruté·es pour les recherches : working with, not working on… Dans cette foulée, l’épistémologie de Schön a soutenu de nouveaux rapports entre recherche et pratique avec la parution de son ouvrage Le praticien réflexif (1983), qui a exercé une influence dans différents champs disciplinaires. La « nouvelle épistémologie de la pratique » (Schön, 2011) proposée s’est inscrite en rupture avec le paradigme de la rationalité technique selon laquelle les réponses aux problèmes professionnels se trouvent dans les savoirs issus de la recherche. Avec d’autres propositions, dont le modèle d’« acteur compétent » proposé par Giddens (1987), plusieurs chercheur·ses ont revu leurs pratiques cloisonnées et les ont ouvertes à la collaboration, acceptant le partage du pouvoir entre les acteur·trices d’une communauté. Les recherches collaboratives accordent aux divers acteur·trices le statut de « coconstructeur·trices du savoir » dans les différentes phases emboîtées d’une investigation conjointe (Bednarz, 2013; Desgagné et al., 2001). Mais qu’en est-il de leur implication concrète dans le processus d’analyse de l’objet de préoccupation mutuelle?

Contexte

section icon Date : 5 mai 2025

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