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Tasiujaq 93 : interpréter la distance et le changement dans une œuvre pour mezzo-soprano et ensemble

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Simon Chioini : Université de Montréal

Résumé de la communication

Dans cette présentation, l’artiste explore la rencontre entre données climatiques, création musicale et un lieu distant, tout en intégrant une approche relationnelle de la composition. Des relevés de température du sol recueillis entre 1993 et 2023 dans la communauté inuit de Tasiujaq inspirent une œuvre pour mezzo-soprano et ensemble. Ces données, illustrant la hausse des températures dans le Grand Nord, sont interprétées par les musicien·nes, qui traduisent leur rapport à ce lieu éloigné et aux conditions d’une transition écologique globale.


L’œuvre ne se contente pas de refléter les données scientifiques, mais cherche à susciter une réflexion sur les impacts de ces changements climatiques, non seulement sur le territoire de Tasiujaq, mais aussi sur la subjectivité humaine et les rapports sociaux. La musique cherche à incarner un rapport géographique et temporel à ce lieu tout en réagissant aux évolutions du climat.


Au cours de cette conférence, l’artiste partagera ses choix artistiques et les défis rencontrés pour traduire ces données en son. Il soulignera également le rôle potentiel de la musique comme espace d’expression et de réflexion dans un contexte de transformations socioécologiques.

Résumé du colloque

Le réchauffement climatique et ses conséquences aboutissent à l’extinction de nombreuses espèces vivantes, dont les végétaux. Ces catastrophes environnementales provoquent une écoanxiété dont la prévalence peut atteindre jusqu’à 70 % des jeunes Canadien·nes. Cette réponse d’origine émotionnelle est normale. Elle peut cependant provoquer des troubles psychologiques si elle se chronicise et s’accompagne d’un sentiment d’impuissance. À l’inverse, l’écoanxiété peut être utilisée pour changer nos comportements afin d’agir pour un avenir plus durable.

La Chaire de recherche en économie créative et mieux-être (CREAT) du Fonds de recherche du Québec a lancé un programme de recherche-création et action visant à codévelopper et à examiner les effets d’actions mettant en interaction végétaux-humains grâce à l’art et au numérique avec, pour finalité, la réduction de l’écoanxiété, l’acquisition de nouveaux savoirs apportant une écorésilience et une écoresponsabilité chez les jeunes adultes écoanxieux·ses.

Les défis et enjeux rencontrés sont multiples, car ils reposent sur une cible que sont les végétaux, qui ne sont pas un centre d’intérêt écologique, comparés aux animaux. Il s’agit d’une hypothèse audacieuse utilisant l’expérience esthétique (c’est-à-dire émotionnelle et basée sur la mise en valeur de la beauté des végétaux) puis cognitive (c’est-à-dire associée à un message éducatif) comme support des actions, et le numérique pour renforcer l’émotion positive ressentie grâce au caractère multimodal des stimulations sensorielles qu’il permet. Faire interagir les sciences fondamentales (biologie, neurosciences, génie, santé), les philosophies occidentales et asiatiques, les cultures allochtones et autochtones et les arts (écologique, visuel et musique) – au bénéfice de la relation végétaux-humains –, dans une démarche interdisciplinaire et intersectorielle, en codéveloppant des actions concrètes de terrain ayant des bénéfices individuels et collectifs représente les défis et enjeux rencontrés.

Contexte

manager icon Responsables :
Olivier Beauchet
section icon Date : 5 mai 2025

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