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Virginie Liot : Université Lumière-Lyon-II
L’école ne transmet pas seulement des connaissances, mais il y a également tout un jeu relationnel qui se joue. Or l’absence du cadre scolaire, les hospitalisations, la fatigue due à la maladie, les traitements, apparaissent comme autant de freins à cette dimension sociale.
Dans quelle mesure les technologies numériques peuvent contribuer à l’inclusion scolaire des élèves empêchés ?
Dans notre recherche, nous engageons une réflexion sur deux types de technologies numériques mises en place pour ce public. Tout d’abord les robots de téléprésence mis en avant par le gouvernement français, mais également le Cartable Connecté conçu par une association.
Notre méthodologie repose à la fois sur une analyse de la littérature, mais également sur une étude empirique consistant au recueil de discours de pratique de six enseignants d’école élémentaire et maternelle.
Devant cette situation inédite d’enseignement dans leur classe, nous avons privilégié comme cadre théorique une approche systémique à travers le modèle d’analyse du carré PADI (Pédagogie, Acteurs, Dispositif, Institution) proposé par Wallet (2010).
Nos résultats mettent en avant différents points d’attention : la question de l’image de l’élève comme avatar à travers le robot de téléprésence, la nécessaire coopération entre les différents acteurs, mais également le renouvellement des pratiques pédagogiques des enseignants. En effet il ne suffit pas de mettre la technologie en classe pour qu’elle soit utilisée.
Si l’intégration des technologies au sein de l’écosystème éducatif (Stockless, 2018) suscite un engouement pour les pratiques qu’elles renouvèlent (UNESCO, 2017) — en tant que supports d’apprentissage, processus pédagogiques, outils de production et d’évaluation, leviers motivationnels et organisationnels (Alvarez et coll., 2019) —, cet intérêt prononcé est également susceptible, nous semble-t-il, de masquer toute une complexité dans sa participation à construire une école inclusive. Pour premier exemple, notons les tensions entre : 1) des solutions informatiques standardisées pour des raisons de coûts et de gouvernance, et 2) la diversité des besoins éducatifs à considérer pour prétendre à l’inclusion. Comme second exemple, indiquons les exigences croissantes de compétences à développer — telle la compétence numérique — pour un public en difficulté d’apprentissage. Un travail approfondi s’impose, à la fois sur le plan pédagogique et éthique (Selwyn, 2023).
S’inscrivant dans la continuité des réflexions amorcées dans le cadre d’une journée d’étude à la Haute École pédagogique Fribourg en Suisse en avril 2023, ce colloque propose d’examiner les contraintes et occasions d’une articulation entre technologies numériques et inclusion scolaire. L’objectif de cette rencontre est de stimuler le dialogue et la collaboration internationale entre les professionnel·les de l’enseignement et de la recherche, qui désirent interroger, par le prisme d’approches interdisciplinaires, les usages, les contextes et les implications du numérique en tant que dispositif de différenciation et d’évaluation dans les contextes d’inclusions scolaires.
Titre du colloque :