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Martine LeCorff : Université de Montréal
Aujourd'hui, au Canada, seulement 5% des agressions sexuelles autodéclarées sont rapportées à la police; encore moins mènent à une condamnation. Ce faible taux, non méconnu des victimes-survivantes, contribue à leur manque de confiance envers le système de justice. Parallèlement, depuis les années 1990, l’activisme féministe en ligne se développe comme forme de résistance aux violences systémiques liées au système de justice, offrant un espace où trouver du soutien et comprendre que ces expériences font parties d’un problème social plus large.
Cette recherche se penche sur le sentiment de justice des victimes-survivantes de violences sexuelles qui militent en ligne.
La méthodologie est qualitative, féministe et ancrée via des entretiens semi-dirigés et une analyse de contenu thématique. Le cadre théorique s’ancre dans leurs trajectoires militantes et leurs émotions.
Les entretiens réalisés permettent de faire ressortir les multiples trajectoires militantes, les divers motifs de (dés)engagement, ainsi que l’impact positif de la collectivisation en ligne des expériences de violence, influencés par l’intersection des divers rapports de pouvoir. La colère a été identifiée comme principale émotion motivant l’engagement; la solidarité et l’amitié permettent de le continuer. L’opinion très négative du système de justice contribue à leur l'engouement vers les réseaux sociaux, perçus par certaines participantes comme une des seules manières de travailler vers un sentiment de justice.
Les violences faites aux filles et aux femmes (VFFF), notamment les violences à caractère sexuel (VACS), constituent un problème social et de santé publique majeur. Beaucoup d’efforts ont été faits pour les dénoncer et tenter de les éradiquer, donnant lieu à une panoplie d’initiatives de sensibilisation, d’intervention, de politiques publiques et d’instances comme les tribunaux spécialisés en matière de violences sexuelles et conjugales. En dépit d’avancées notables, les manifestations de VFFF, dont les VACS, subsistent. De même, si des avancées notables sont observées dans l’articulation entre la recherche, l’offre de services appuyée sur ses résultats et les formes de mobilisation de connaissances qui en découlent, notamment avec le développement de recherches appliquées de type recherche-action, recherche partenariale, recherche-création, il reste beaucoup à faire.
C’est ici qu’interviennent le Collectif de recherches et d’actions SAS-Femmes et la Chaire de recherche du Canada – Violence sexuelle, prévention, intervention (CRC-VSPI), qui accordent la priorité à la collaboration entre les univers de la recherche et de la pratique, en travaillant étroitement avec celles et ceux directement touchés par différentes formes de violence, en vue de développer des recherches et des actions contribuant à assurer la sécurité, l’autonomie et la santé des filles et des femmes. Nos recherches sont menées en partenariat avec les milieux d’intervention, permettant de décloisonner les savoirs et de générer des productions théoriques, empiriques et pratiques proches des réalités des personnes concernées.
Ce colloque s’inscrit dans la programmation respective de SAS-Femmes et de la CRC-VSPI. Il rassemblera des personnes chercheuses, étudiantes, intervenantes, militantes féministes et expertes de vécu en vue de faire circuler et dialoguer les connaissances issues des différents milieux, mettant ainsi en valeur tant la recherche que les pratiques informées par celles-ci.
Titre du colloque :