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Apports de l’analyse thématique réflexive dans une recherche collaborative : le cas de l’évaluation évolutive en contexte de laboratoire vivant

JL

Membre a labase

Jean-Francois Lévesque : École nationale d'administration publique

Résumé de la communication

Peu valorisée en administration publique, la recherche collaborative (RC) contribue pourtant à générer des retombées de divers ordres (méthodologiques, analytiques et scientifiques). L’analyse thématique réflexive (ATR) est un exemple de la collaboration qui se joue entre chercheurs et praticiens pendant la collecte et la co-analyse en contexte de RC. La question qui se pose est : quels sont les apports de l’ATR pour la coproduction des connaissances et l’explicitation des pratiques ?
L’étude de l’évaluation évolutive dans Le Laboratoire en innovation ouverte a permis de mettre en lumière les phases de co-situation-coopération-coproduction renforcées par la triangulation et l’aspect dialogique. Plusieurs méthodes et outils numériques ont soutenu la collaboration lors des activités réflexives au cours desquelles le chercheur a joué les rôles de facilitateur, d’accompagnateur et de formateur, alors que des praticiens chargés de projet ont collaboré à la co-collecte et à la co-analyse. Cette dynamique a encouragé l’explicitation de l’évaluation évolutive, la construction d’une communauté de pratique, le développement des capacités en évaluation, puis la production d’une carte thématique utile à la réflexion et à la conceptualisation. Enfin, certains critères de scientificité mobilisés dans ce contexte de RC ont cadré l’ATR et seront approfondis. Par exemple, la réflexivité du chercheur, la co-observation et la réflexion des membres.

Résumé du colloque

La recherche qualitative est née au début du siècle dernier d’une volonté de pallier les études statistiques insensibles aux réalités multiples et singulières des acteur·trices de terrain et à leur incapacité à expliquer leurs expériences enchevêtrées. Les premiers travaux en anthropologie et en sociologie ont pavé la voie en jetant les bases d’une façon de faire la recherche au plus près des terrains d’enquête (Morrissette et Demazière, 2019). Dans les années 1980, différentes influences ont conduit à un nouveau type de rapprochement, notamment l’appel de Lieberman (1986) invitant à changer la manière de considérer la relation aux participant·es recruté·es pour les recherches : working with, not working on… Dans cette foulée, l’épistémologie de Schön a soutenu de nouveaux rapports entre recherche et pratique avec la parution de son ouvrage Le praticien réflexif (1983), qui a exercé une influence dans différents champs disciplinaires. La « nouvelle épistémologie de la pratique » (Schön, 2011) proposée s’est inscrite en rupture avec le paradigme de la rationalité technique selon laquelle les réponses aux problèmes professionnels se trouvent dans les savoirs issus de la recherche. Avec d’autres propositions, dont le modèle d’« acteur compétent » proposé par Giddens (1987), plusieurs chercheur·ses ont revu leurs pratiques cloisonnées et les ont ouvertes à la collaboration, acceptant le partage du pouvoir entre les acteur·trices d’une communauté. Les recherches collaboratives accordent aux divers acteur·trices le statut de « coconstructeur·trices du savoir » dans les différentes phases emboîtées d’une investigation conjointe (Bednarz, 2013; Desgagné et al., 2001). Mais qu’en est-il de leur implication concrète dans le processus d’analyse de l’objet de préoccupation mutuelle?

Contexte

section icon Date : 6 mai 2025

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