Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Amel Massaoud : UQAM - Université du Québec à Montréal
Introduction : L’accès et l’utilisation des services de santé mentale constituent un défi pour les immigrants, en particulier lorsqu’ils sont fournis dans une autre langue que leur langue maternelle. Au Canada, ces services, bien que disponibles, sont peu utilisés par les immigrants. Objectif : Investiguer la connaissance et l’utilisation des services d’aide psychologique dont les lignes de prévention de suicide par les immigrants musulmans au Québec. Méthodologie : 21 entretiens semi-structurés, en arabe, français ou anglais, ont été réalisés auprès des immigrants musulmans au Québec. Ces entretiens ont exploré leurs connaissances des services d'aide psychologique, incluant les lignes de prévention du suicide, ainsi que leur expérience et les obstacles rencontrés. Résultats : Les barrières linguistiques, la stigmatisation de la santé mentale et la méconnaissance des services constituent les obstacles majeurs d’utilisation de ces services. Certains participants pensent qu’ils ne vont pas comprendre l’intervenant ou qu’ils ne seront pas compris. D’autres espèrent avoir des services multilingues et des interventions adaptées à leur culture. Conclusion : Notre étude souligne l’importance de sensibiliser les immigrants musulmans aux services disponibles, de réduire les barrières linguistiques et de mieux former les intervenants aux spécificités culturelles pour améliorer l’accès aux services de santé mentale et de prévention du suicide.
Ce colloque offre la possibilité de présenter des résultats de recherche portant sur la prise en compte de la langue dans l’organisation et l’offre des services de santé, ainsi que les effets de la langue des services offerts sur la qualité des services et sur la santé des patients. Dans un contexte canadien où le français et l’anglais font l’objet d’une reconnaissance variable selon les provinces, mais aussi où la diversité linguistique ne cesse de croître, il demeure hautement pertinent de nous interroger sur la manière dont les systèmes de santé prennent en compte les langues minoritaires dans l’offre de services de santé, sur les bonnes et moins bonnes pratiques en la matière, sur l’accès des groupes linguistiques minoritaires aux services de santé, sur les effets de la langue des services sur la qualité des services et la santé des patients. Des travaux issus du réseau des chercheuses et chercheurs qui gravitent autour de l’Institut du savoir Montfort ont montré les effets que peuvent avoir des services de santé linguistiquement discordants sur la santé des patients. Ce champ de recherche en émergence sur la concordance linguistique des services de santé donne lieu à plusieurs analyses prometteuses pour mieux comprendre l’importance de l’accès à des services dans la langue du patient. Cependant, tout chercheur qui s’intéresse à ces questions se heurte à la difficulté d’obtenir des données sur la langue des services. Dans le cadre de ce colloque, les chercheurs pourront discuter de ces défis et des solutions employées pour mener leurs analyses. L’accès aux données sur la langue des services et la santé des patients est essentiel pour faire progresser nos connaissances sur l’offre des services dans les langues minoritaires (officielles ou non) et pour mieux comprendre la santé des groupes linguistiques minoritaires.
Titre du colloque :
Thème du colloque :