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Cyndy Wylde : Université d'Ottawa
Cette communication examine les effets croisés du patriarcat, de l’héritage colonial et des représentations sociales sur la double surreprésentation des femmes autochtones au Canada, à la fois comme victimes de la traite des personnes et dans le système carcéral. Bien qu’elles représentent moins de 5% de la population totale, ces femmes constituent plus de 50% des victimes identifiées de la traite et des détenues dans les pénitenciers fédéraux. Ces chiffres reflètent des dynamiques structurelles et des stéréotypes issus de l’histoire coloniale, qui continuent de modeler les perceptions sociales et d’alimenter des pratiques discriminatoires. La présentation se divise en deux volets complémentaires : une introduction qui explore comment les représentations sociales, façonnées par le patriarcat et le colonialisme, influencent les trajectoires des femmes autochtones, suivie d’une analyse des résultats d’un mémoire de maîtrise sur la traite des femmes autochtones. En adoptant une approche intersectionnelle, cette communication mettra en lumière les continuités entre les stéréotypes historiques, les politiques coloniales et les réalités contemporaines des femmes autochtones. L’objectif est de susciter une réflexion critique sur le rôle des représentations sociales dans le maintien des violences systémiques à leur égard.
Les violences faites aux filles et aux femmes (VFFF), notamment les violences à caractère sexuel (VACS), constituent un problème social et de santé publique majeur. Beaucoup d’efforts ont été faits pour les dénoncer et tenter de les éradiquer, donnant lieu à une panoplie d’initiatives de sensibilisation, d’intervention, de politiques publiques et d’instances comme les tribunaux spécialisés en matière de violences sexuelles et conjugales. En dépit d’avancées notables, les manifestations de VFFF, dont les VACS, subsistent. De même, si des avancées notables sont observées dans l’articulation entre la recherche, l’offre de services appuyée sur ses résultats et les formes de mobilisation de connaissances qui en découlent, notamment avec le développement de recherches appliquées de type recherche-action, recherche partenariale, recherche-création, il reste beaucoup à faire.
C’est ici qu’interviennent le Collectif de recherches et d’actions SAS-Femmes et la Chaire de recherche du Canada – Violence sexuelle, prévention, intervention (CRC-VSPI), qui accordent la priorité à la collaboration entre les univers de la recherche et de la pratique, en travaillant étroitement avec celles et ceux directement touchés par différentes formes de violence, en vue de développer des recherches et des actions contribuant à assurer la sécurité, l’autonomie et la santé des filles et des femmes. Nos recherches sont menées en partenariat avec les milieux d’intervention, permettant de décloisonner les savoirs et de générer des productions théoriques, empiriques et pratiques proches des réalités des personnes concernées.
Ce colloque s’inscrit dans la programmation respective de SAS-Femmes et de la CRC-VSPI. Il rassemblera des personnes chercheuses, étudiantes, intervenantes, militantes féministes et expertes de vécu en vue de faire circuler et dialoguer les connaissances issues des différents milieux, mettant ainsi en valeur tant la recherche que les pratiques informées par celles-ci.
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