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Décoloniser les espaces artistiques à Tiohtià:ke/Montréal : Peripheral Hours, art, guérison et souveraineté narrative des voix BIPOC

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Victoria Catherine Chan : Peripheral Hours

Résumé de la communication

Peripheral Hours incarne un espace artistique insurgé, un lieu de souverainetés narratives, de guérison collective et de réappropriation pour les artistes BIPOC à Tiohtià:ke/Montréal. À rebours des logiques extractivistes et normatives des institutions culturelles dominantes, ce sanctuaire décolonial propose un autre mode d’être, de créer et de raconter — en dehors des prismes coloniaux et oppressifs.

Dans un territoire marqué par la dépossession et l’effacement systémique des voix autochtones, afrodescendantes et racisées, Peripheral Hours ouvre un espace vivant où l’art devient langage de survie, acte de résistance et outil de souveraineté identitaire. Ici, les récits ne sont plus tolérés : ils sont recentrés, amplifiés, honorés. Les artistes y convoquent la mémoire, les ancestralités, les douleurs et les joies, dans un processus de guérison à la fois individuel et collectif.

Ce lieu expérimental cultive l’autonomisation radicale par des pratiques artistiques déhiérarchisées, intersectionnelles et ancrées dans la solidarité. Il forge des réseaux d’alliances durables et réimagine l’art comme un vecteur de transformation sociale. Peripheral Hours refuse les logiques d’intégration symbolique : il œuvre pour des souverainetés pleines, incarnées, enracinées. C’est un espace où les artistes BIPOC ne demandent plus leur place — iels la reprennent, l’habitent et la transforment.

Résumé du colloque

Ce colloque réexamine les paradigmes dominants de la recherche-création, encore largement ancrés dans une épistémologie eurocentrée, en développant une méthodologie décoloniale valorisant les savoirs du Sud global. Nous mobilisons des approches féministes et épistémologiques décoloniales, en nous appuyant sur les travaux de Gloria Anzaldúa, Maria Lugones, Chandra Talpade Mohanty, bell hooks et Françoise Vergès. Bien que la recherche-création, développée en Occident depuis les années 1990 (Borgdorff, Chapman et Sawchuk), ait souvent exclu les perspectives du Sud global, des critiques (Mignolo, Smith, Loveless) appellent à repenser cette approche en reconnaissant les dynamiques coloniales. Ainsi, le colloque s’articule autour de deux axes :

  1. Fondements théoriques et pratiques : Nous analyserons comment les épistémologies du Sud global enrichissent et redéfinissent la recherche-création en remettant en question les récits eurocentrés et les structures coloniales de production des savoirs.
  2. Perspectives collaboratives et communautaires : Nous mettrons en lumière des initiatives du LabARD telles que l’écoute participative décoloniale et l’exploration des expériences diasporiques, lesquelles amplifient les voix marginalisées et les transforment en discours reconnus dans les épistémologies occidentales.

Ce colloque vise à élargir les horizons méthodologiques et épistémologiques de la recherche-création, en valorisant des pratiques collectives et participatives. En encourageant la création de nouveaux discours par la désobéissance épistémologique, il redéfinit la recherche-création comme un outil de transformation sociale, épistémique et politique. Le manque de littérature francophone sur la recherche-création décoloniale souligne l’urgence de créer un corpus valorisant ces savoirs. Inscrit dans la mission du LabARD de décolonialiser les savoirs et pratiques artistiques, ce colloque comble ce vide universitaire et crée un espace de dialogue entre chercheur·ses, artistes et communautés.

Le colloque répond à l’urgence de décolonialiser les approches scientifiques et artistiques dans le milieu universitaire francophone, historiquement dominé par une épistémologie eurocentrée qui a longtemps marginalisé les savoirs du Sud global et les perspectives féministes décoloniales. En ce sens, il vise à repenser en profondeur les fondements théoriques et pratiques de la recherche-création.

En mobilisant des figures majeures comme Gloria Anzaldúa, Maria Lugones, bell hooks, Chandra Talpade Mohanty et Françoise Vergès, ce colloque instaure une rupture épistémique avec les récits dominants, remettant en cause les hiérarchies de pouvoir dans la production et la légitimation des connaissances. En s’appuyant sur les épistémologies du Sud global, il enrichit et redéfinit la recherche-création en intégrant des savoirs historiquement marginalisés, tout en remettant en question les structures coloniales persistantes.

Contexte

section icon Date : 6 mai 2025

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