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Défis du rôle parental en réponse à l'identité transgenre de l'enfant : Perspectives sociétales et implications pour la santé publique

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Julie Servais : Ecole de Santé Publique de l'Université Libre de Bruxelles

Résumé de la communication

La découverte de l'identité transgenre d'un enfant remet en question les représentations genrées des parents, les poussant à reconsidérer leurs rôles. Cette étude explore comment ils naviguent entre le soutien familial et les normes sociétales, redéfinissant leur perception de l'identité et du rôle parental. 21 entretiens semi-structurés ont été réalisés avec des parents d'enfants transgenres en Belgique francophone, analysant les processus de déconstruction et de reconstruction identitaire en réponse aux attentes sociales. En réponse à la découverte de la transidentité de leur enfant, les parents revisitent et réajustent leur identité parentale. Cette transition conduit à une réévaluation profonde de leurs rôles, où le soutien à l'identité de genre de leur enfant devient central. Leur parcours est ponctué de multiples "coming-outs" dans divers environnements (école, famille élargie, etc.), plaçant les parents dans un rôle de médiateurs. Cette redéfinition de leur rôle met en lumière les défis et les adaptations nécessaires pour naviguer entre identité personnelle et acceptation sociale. Ces résultats mettent en lumière le besoin accru de soutien pour les parents, qui doivent constamment ajuster leur propre identité tout en défendant celle de leur enfant Cette présentation abordera des pistes de solutions visant à renforcer la résilience familiale et à contribuer à une acceptation sociale élargie des diversités de genre.

Résumé du colloque

Ces dernières années, un discours critique a émergé sur le genre et les transitions de genre, en particulier pour les jeunes trans et non binaires (TNB). Alimentant une panique morale, plusieurs articles et reportages suggèrent que les jeunes TNB accèdent trop rapidement aux soins médicaux d’affirmation du genre (SMAG). La théorie controversée de la « dysphorie de genre à déclenchement rapide » (ROGD) a aussi gagné en visibilité. Elle suggère que des jeunes filles vulnérables entreprennent une transition de genre sous l’influence d’une « contagion sociale » et d’un mauvais diagnostic de dysphorie de genre, puis le regrettent. Cette théorie, bien que très contestée par les chercheur·ses, est largement médiatisée. Paru en 2024, le rapport Cass, lui aussi très critiqué, remet en question les bénéfices des SMAG et les standards de soins de l’association mondiale des professionnel·les en santé trans.

Dans ce contexte, l’idée de regret est souvent mise de l’avant pour souligner le danger d’effectuer une transition. On voit d’ailleurs une multiplication des narratifs sur la détransition souvent présentée de façon alarmiste comme une erreur à prévenir en restreignant l’accès aux SMAG. Bien que les recherches montrent des parcours de détransition nuancés, les controverses sur l’accès aux SMAG et le risque de regret ont déjà des effets tangibles. D’une part, elles menacent les droits des communautés trans, comme en témoignent les restrictions ou interdictions des SMAG qui se multiplient dans plusieurs pays. D’autre part, les personnes détrans subissent souvent du rejet attribuable à l’instrumentalisation de leurs expériences.

Contexte

section icon Date : 6 mai 2025

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