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Julie Couronné : Institut National de l'Education Populaire et de la Jeunesse
À partir d’une enquête de terrain (40 entretiens et observations), cet article analyse les parcours résidentiels et les parcours d’insertion professionnelle des jeunes hébergés au sein de deux foyers de jeunes travailleurs (FJT) aux caractéristiques très différentes. Ces parcours sont non seulement conditionnés par les ressources économiques et sociales dont les jeunes disposent mais aussi par les situations géographiques même des foyers étudiés, pourtant dotés d’une même mission : l’insertion sociale et professionnelle des jeunes.
Cet article distingue, selon une série de critères, les conditions sociales des jeunes hébergés en FJT. Alors qu’une partie des résidents et des résidentes de ces structures est issue des fractions des classes populaires les plus stabilisées, une autre provient des franges les plus précaires. Ces distinctions donnent à voir – de manière assez classique - des inégalités fortes en termes de conditions d’emploi et de parcours résidentiels, des inégalités intrinsèquement liées. Néanmoins, ces inégalités sont insuffisantes pour expliquer à elle seules les différences de parcours d’insertion et la variabilité des appropriations par les jeunes du FJT. En effet, la mise en œuvre de ce dispositif apparait comme étant à géométrie (ou à géographie) variable puisque l’emplacement même du foyer s’avère avoir des effets sur les parcours d’insertion professionnelle des jeunes rencontrés, et notamment sur les plus précaires.
Dans des contextes où de nombreuses personnes sont confrontées à des difficultés d’accès à un logement, comment se déroulent les trajectoires résidentielles des jeunes et leurs parcours de transition vers la vie adulte? Les jeunes sont de plus en plus exposé·es à la crise du logement, qui rend leurs trajectoires résidentielles diverses et incertaines, flexibles et réversibles. Quels actions, stratégies, relations, ressources et soutiens mobilisent-ils et elles? Que signifie pour eux et elles le logement indépendant? Qu’en est-il des pratiques d’hébergement? Des inégalités sociales se creusent alors que les jeunes n’ont pas accès aux mêmes relations, soutiens et ressources pour faire face à ces difficultés. Les trajectoires résidentielles permettent d’analyser les transformations des parcours juvéniles, car l’accès à un logement fait partie des transitions importantes dans les passages vers la vie adulte. Comment les relations d’interdépendances entre les sphères de vie se conjuguent-elles avec les trajectoires résidentielles et les passages vers la vie adulte? De quelles manières les marqueurs de la diversité, comme la région, le genre, l’origine ethnique, l’appartenance à une classe sociale, la situation économique, entrent-ils en interaction avec les trajectoires résidentielles et les parcours de transition vers la vie adulte? Ce sont à ces questions que ce colloque cherche à répondre en proposant trois axes de réflexion : 1) les trajectoires résidentielles (la recherche d’une résidence, l’accès au logement ou à l’hébergement, la stabilité et la précarité résidentielle); 2) les rapports au logement et à l’habitat (les expériences d’habiter [ou de non habiter], le sentiment et les pratiques du chez-soi et de l’autonomie, l’accès et le rapport à la propriété privée); 3) les soutiens et les contraintes au logement (les politiques publiques et les acteurs privés ou communautaires, les difficultés financières, l’isolement).
Titre du colloque :