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Dynamiques de pouvoir, travail émotionnel et stratégies de résistance des femmes doctorantes dans les relations académiques

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Margaux Morel : HEC Montréal

Résumé de la communication

Ce projet de recherche examine les structures et dynamiques de pouvoir à l'œuvre au sein de l'université, en particulier les dynamiques de genre en adoptant perspective féministe matérialiste et féministe intersectionnelle. Les relations de supervision sont particulièrement soumises à ces dynamiques de pouvoir, notamment lorsque le superviseur est socialisé en tant qu'homme. En reprenant les concepts de travail gratuit et notamment de travail émotionnel, nous explorons comment les doctorantes naviguent ces relations de supervision et quelles stratégies de résistance elles mettent en place. Le travail émotionnel – soit l’identification ou l’anticipation des émotions d’autrui en vue d’adapter de manière appropriée sa propre expression émotionnelle – est une forme de travail hautement féminisée, invisible, produit d'une socialisation de genre qui poussent de nombreuses de femmes à composer avec des relations inégales. Il peut être la source d’épuisement psychologique, de stress et d'anxiété. Le travail émotionnel est davantage réalisé par les femmes mais aussi attendu de leur part, du fait de leur socialisation genrée. Elles s'exposent donc à une sanction sociale si elles ne le performent pas. Les femmes sont sous-représentées au niveau des études doctorales mais aussi dans les structures de pouvoir de l’université. Cela a des conséquences sur la manière dont les doctorantes tissent des réseaux de solidarité ou sont capables de mobiliser des soutiens en position hiérarchique.

Résumé du colloque

Ce colloque souhaite documenter les pratiques de résistance vouées à mettre au jour et à questionner les relations genrées du milieu de l’éducation, notamment dans l’enseignement postsecondaire universitaire et collégial, face à une culture de domination masculine qui (re)produit les inégalités basées sur des marqueurs identitaires genrés (Walters et al., 2022). Ces inégalités touchent tant les membres du corps professionnel régulier et contractuel (Dutoya et al., 2019) que la population étudiante (Julien et Gosselin, 2015a, 2015b). Par exemple, les femmes s’occupent davantage de tâches « de soin » importantes pour le maintien de la vie universitaire, mais peu reconnues : mentorat, travail administratif, travail de soutien émotif (Gaudet, 2022).

Face à cet état des choses, les pratiques de résistance dans le milieu de l’éducation sont nombreuses et en effervescence depuis les dernières années : publication d’articles provocateurs et de numéros spéciaux confrontant la domination masculine dans certains champs de recherche (Cunliffe, 2022; Aumais, Basque et al., 2018), mise sur pied de campagnes de sensibilisation aux violences sexuelles en milieu universitaire et de collectifs luttant contre les violences sexistes en milieu scolaire (ex. : On s’écoute, La voix des jeunes compte), transformation des pratiques d’enseignement et de publication de la recherche (Aumais et Dorion, 2024), remise en question des normes d’écriture par le mouvement féministe « writing differently » (Gilmore, Harding et Pullen, 2019). Tant à l’échelle internationale que locale, ces quelques exemples mettent en lumière les initiatives qui, si elles ne permettent pas de résoudre définitivement ces enjeux complexes, permettent d’espérer des avancées et des transformations durables du milieu de l’éducation.

Contexte

section icon Date : 6 mai 2025

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