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Shayna-Eve Hébert : Université de Moncton
L’objectif de cette communication est de présenter les résultats d’une recherche sur les expériences de discordance linguistique vécues par des francophones dans les soins de santé au Nouveau-Brunswick (N.-B.). La discordance linguistique est comprise comme étant l’écart entre la langue du patient ou de la patiente et celle du prestataire de santé. Dans cette province officiellement bilingue, l’accès aux services de santé dans la langue officielle de son choix est un droit. Toutefois, en raison du contexte anglodominant, les services de santé en français n’y sont pas toujours offerts (Forgues et Landry, 2014). En Ontario, où le français est aussi une langue minoritaire, des études quantitatives, qui s’appuient sur l’analyse de données administratives, ont montré que la discordance pouvait avoir des effets néfastes sur la santé des patient.e.s (Batista et al., 2021 ; Jutras et al., 2020 ; Seale et al., 2022 ; Sears et al., 2013). Ce phénomène de discordance n’a cependant jamais été exploré au N.-B. Notre étude a examiné la discordance à partir d’une approche qualitative, soit par entretiens semi-directifs, menés auprès de 12 francophones. Dans cette communication, nous identifierons les types de discordance rapportés, pour ensuite en expliquer les conséquences sur la satisfaction des patient.e.s à l’égard des services de santé reçus. Enfin, nous présenterons les pistes de solutions proposées par les personnes interviewées pour augmenter l’usage du français en santé.
Ce colloque offre la possibilité de présenter des résultats de recherche portant sur la prise en compte de la langue dans l’organisation et l’offre des services de santé, ainsi que les effets de la langue des services offerts sur la qualité des services et sur la santé des patients. Dans un contexte canadien où le français et l’anglais font l’objet d’une reconnaissance variable selon les provinces, mais aussi où la diversité linguistique ne cesse de croître, il demeure hautement pertinent de nous interroger sur la manière dont les systèmes de santé prennent en compte les langues minoritaires dans l’offre de services de santé, sur les bonnes et moins bonnes pratiques en la matière, sur l’accès des groupes linguistiques minoritaires aux services de santé, sur les effets de la langue des services sur la qualité des services et la santé des patients. Des travaux issus du réseau des chercheuses et chercheurs qui gravitent autour de l’Institut du savoir Montfort ont montré les effets que peuvent avoir des services de santé linguistiquement discordants sur la santé des patients. Ce champ de recherche en émergence sur la concordance linguistique des services de santé donne lieu à plusieurs analyses prometteuses pour mieux comprendre l’importance de l’accès à des services dans la langue du patient. Cependant, tout chercheur qui s’intéresse à ces questions se heurte à la difficulté d’obtenir des données sur la langue des services. Dans le cadre de ce colloque, les chercheurs pourront discuter de ces défis et des solutions employées pour mener leurs analyses. L’accès aux données sur la langue des services et la santé des patients est essentiel pour faire progresser nos connaissances sur l’offre des services dans les langues minoritaires (officielles ou non) et pour mieux comprendre la santé des groupes linguistiques minoritaires.
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